Aesop Rock - Labor Day
01 Labor
02 Daylight
03 Save Yourself
04 Flashflood
05 No Regrets
06 One Brick (feat. Illogic)
07 9-5ers Anthem
08 Shovel
09 Tugboat Complex Pt. 3
10 Coma
11 Battery
12 Boombox
13 Bent Life (feat. C Rayz Walz)
14 The Yes And The Y'all
Aesop Rock
Labor Day

Notre avis Label : Def Jux
Prod : Omega 1, Aesop Rock, Blockhead
Sortie : 01/10/2001
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par WaVaW
Publié le 21/11/2001

Retour pour son quatrième album déjà - et premier sur Def Jux - Aesop Rock est encore perturbé par la télévision, mais cette fois l’homme s’interesse à une autre forme de contrôle social :” le travail’’. Mais qui est cet homme à la vie dissolue, ce” rappeur “qui vient nous donner ses leçon avec son rythme de vie inconçevable ? Un album tout les deux ans et il voudrait critiquer le travail ?

Aesop Rock est peut-être plutôt ce New-yorkais moyen obligé comme un nombre croissant d’américains d’avoir deux travails pour suibvenir à ses besoins. Aesop remplit donc ses obligations d’esclave de 9 heures à 17 heures et se compromet dans la musique une fois la nuit venue. Artiste certifié, Ian Bavitz ne vit toujours pas de son Art mais vit de l’Art. Voici la première occasion donnée aux français d’aider un artiste dans le besoin. Enfin un album correctement distribué dans notre bon pays.

Après l’orchestral “Float” et les deux raretées “Music for earthworms” et “Appleseed”, “Labor Days” ne change pas de formule. Toujours Aesop Rock au micro, toujours Blockhead à la production, une petite aide du maitre lui même et d’omega one son dj, l’enregistrement a été fait dans l’appart d’aesop, même le mix est signé par Cryptic des Atoms Fam, bref un album fait en famille et 100% Artisanal. Cet album n’est pas non plus marqué de la pate d’El P comme l’avait été “Cold Vein” et à un degré moindre “Enter The Colossus”.

Mêmes ingrédients donc : une palette d’instruments divers et variés, même si certains y trouvent un peu trop de pipeaux. Une voix toujours aussi marquante et partant des aigus pour finir en grave en fin de rime. Un hip-hop de base : la musique repose uniquement sur les samples, la voix n’est pas trafiquée, pas de vocoders, un ou deux backs ici ou là, tout est au plus simple. Seuls instrumentations et propos sont complexes.

Labor” introduit le propos sur un sample électrique et amène directement à ce qui est surement le tube de l’album “Daylight” est un hit imparable, pour son refrain facile à mémoriser tout autant que ses samples qui s’introduisent un à un peu à peu au fil de la chanson, peut-être encore pour cette petite phrase : “Life’s not a bitch life is a beautiful woman Your only call her a bitch because she won’t let you get that pussy”. “Save Yourself” est une douce ballade qui ressemble à certains moments à une b.o d’un film de Disney. “Flashflood” n’est pas forcément très accrocheur mais laisse place au sautillant “No Regrets” avec sa corde nerveuse et ses choeurs mylène farmer, Aesop nous conte l’histoire de Lucy qui n’a jamais eu peur de ne pas réaliser ses rêves pour la bonne raison qu’elle n’en a jamais eu.” J’ai été mon rêve depuis ma naissance’’. Un résumé de vie en à peine 4 minutes, mais désolé je tiens trop à mes rêves pour m’en séparer. “One Brick” fait penser aux moments les plus ennuyeux de Float et la voix monocorde de Illogic n’impressione pas à côté d’Aesop.

Tugboat Complex” dans sa troisième version semble au premier abord bien trop basique pour interêsser mais cache comme souvent chez blockhead il faut attendre deux minutes avant de découvrir un nouveau sample qui métamoprhose l’instru, le tout est quand même faiblard. “Coma” single sorti cet été est le morceau produit par Omega One, une ambiance très starky et hutch pour un morceau qui évoque l’anonymat dans lequel vis aes rock.
Battery” est de ces morceaux planants gavé de samples orientaux indescriptibles et innombrables. L’inconvénient est que l’on peut tout autant trouver ce morceau chiant que planant, selon les humeurs. Le texte très complexe est à propos du temps qui passe, ou plus tragique, du soleil qui chaque jour grille de plus en plus ses batteries.
D’autres morceaux suivent et ne sont que très peu entrainants “boombox” et “bent life” sont des morceau tristes, mais le travail n’est pas un sujet réjouissant. en fait seul “8-5ers anthem” est plus énergique, normal c’est à propos d’une journée travail, celle ou l’on grille toute son énergie, alors grillez votre énergie à l’écoute de ce manifeste contre le travail répétitf et pose la question de l’interêt de travailler.

Now we the American working population Hate the fact that eight hours a day Is wasted on chasing the dream of someone that isn’t us And we may not hate our jobs But we hate jobs in general That don’t have to do with fighting our own causes
Shovel” conclue ce receuil de poésie torturé dans un final empli de tentions, ou Aesop s’excite est s’essaye à ce flow que Twista à popularisé en son temps et que bonethugs&harmony ont usés jusqu’à la rupture.

Un album complexe comme on l’attendais mais encore moins accesible que Float où des morceaux comme “skip town” permettaient de respirer 5 minutes. Chez Aesop, tout est question de savoir consommer son oxygène au bon rythme. Bon nombre vont hélas s’asphixyer à comprendre l’interêt de l’album. Reste une dernière question materialiste et plus terre à terre : Qu’ont-ils fait du morceau produit par El P et avec Cannibal Ox qu’annonçait Blockhead dans l’interview donnée à Lehiphop.com début 2001 ?
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