Blaktwang - Kik Off
01 Intro - Warm Up
02 Kik Off
03 On Line
04 Trixstar (feat. Est'Elle)
05 So Rotton (feat. Jahmali)
06 Sum Ah Dem
07 Fire Power
08 Half'N'Half
09 Vow
10 Dirty Stopout Uncovered
11 Ain't Done 2 Bad
12 It's Happening In England
13 Blood And Fire
14 Post Match Analysis
15 Public Order
Blaktwang
Kik Off

Notre avis Label : Virgin
Prod :
Sortie : //2002
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Mike
Publié le 14/08/2002

Tony Rotton, aussi et surtout connu sous le nom de Blaktwang, a un parcours assez surprenant. Artiste qui passait son temps à s’exciter au microphone sur à peu prés toutes les émissions hip-hop des radios UK, il lâche son premier single en 1995, enchaine à un rythme plutot régulier maxis ainsi que deux albums chronologiquement “Dettwork South East” et “19 Long Time” tous deux apparemment acclamés par les critiques locales), il sort désormais son troisième opus intitulé “Kik Off”...au pays du football, rien de choquant. Et puis quand on s’attarde à lire sa biographie, on apprend qu’il a pu collaborer avec Roots Manuva (logique), Talib Kweli (ah sympa), Wu Tang (comme tout le monde), mais aussi avec Beverly Knight (hein?) et l’incomparable Tom Jones (tiens...tiens...). Aucune reprise pompeuse de la discographie du Krouner de casino n’est à déplorer, en revanche, volontarisme et dynamisme transpirent de l’album.

Oulah ! Y’aurait-il tromperie sur la marchandise ? A en entendre l’intro, Blaktwang est encore un gueulard avec des gimmicks à deux balles, une voix rauques et des chaînes en or ostentées de l’occiput jusqu’aux gros orteils ? Point du tout, et puis une intro ça ne compte pas, même si la règle veut que ce sont les 20 premières secondes, gestes, paroles qui pèsent 80% dans le jugement d’une personne. Le “Warm Up” remplit bien son rôle et échauffe assez rapidement les tympans. Gratte électro, cris déjantés, et un emcee qui visiblement à de l’énergie à revendre. L’impression se confirme avec “Kik Off”, le titre phare de l’album. Production tempêtueuse à base de cuivres péchus, et une métaphore filée de l’univers du ballon rond et de l’arrivée de Blaktwang dans les bacs.

Ce qu’il y a de bien avec le hip-hop anglais, c’est qu’il bénéficie d’un brassage musico-culturel qui profite largement aux sonorités d’un album. Ainsi, sur “Kik Off” il y a un peu de tout, dans le bon sens du terme.

Un brin Oldschool : c’est le cas de “Online” avec sa production nerveuse découpée habilement, faisant ressortir ici ou là des samples d’outre-tombe. Electro-Funk : Trés parlant sur Trixstar avec son synthé foireux (mauvaise imitation du basson) mais marrant. On y entendra la douce voix d’une certaine Est’Elle et des relans ragga du Blaktwang. Un titre honnête sans plus.

On plonge carrément dans une ambiance exotique avec le trés roots “So Rotton” featuring Jahmali. Et là, tout le monde comprend qu’avec un nom pareil, ca ne peut qu’être ragga ! Ici, l’instrumentale se fait discrète à l’inverse des voix scandant le nom de Rotton sur des consonnances jamaïcaines. Dans ce registre, on casera également “Sum Ah Dem” trés moyen au final. Et le groove de transparaître à travers “Ain’t Done 2 Bad”. Un morceau trés reposant au demeurant, puisqu’en rupture totale avec le style des productions du reste de l’album. Blaktwang y est également plus...câlin ? Les quelques notes de piano jazz toutes crépitantes vous feront passer un agréable moment où ”Jimmy Cliff“ rimera avec ”Spliff’’.

Hybride et/ou bizzare : conjugaison de plusieurs styles. Sur “It’s Happening In England”, c’est les flon-flons de violons classiques qui s’unissent pas trop mal aux riddims ragga du refrain. Un titre comportant visiblement plusieurs invités (de marques et dégriffés) dont Rotton a préféré taire le nom. Mais cette categorie comporte aussi de bonnes surprises. Le trés envoûtant “Fire Power” avec ses basses lourdes et ses rimes assomantes font du titre l’un des moins inaperçus.

Pour mettre le feu aux dance floors, ont une place toute dédiée les morceaux suivants : “Vow” avec un découpage sublime et des rimes bien placées. On appréciera d’ailleurs le léger accent de Blaktwang, accent qu’il utilise à merveille sur les titres ragga précédemment cités. “Blood And Fire” convainc, “Half ’N’ Half” revigore avec un débit de rimes intarissable, le reste est équivalent.

Kik Off” s’arrête là. Une quinzaine de titres, tous presque différents, un melting-pot divertissant avec une constante indéroutable : le rap de Blaktwang. A quelques exceptions prés, on ne sera pas déçu de se qu’on entends. Certes bien loin de l’intellectualisme exacerbée de certains groupes Uk, Blaktwang tient la route.
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