8 Mile - Soundtrack
01 Lose Yourself (feat. Eminem)
02 Love Me (feat. Eminem, Obie Trice, 50 Cent)
03 8 Mile (feat. Eminem)
04 Adrenaline Rush (feat. Obie Trice)
05 Places To Go (feat. 50 Cent)
06 Rap Game (feat. D-12)
07 8 Miles And Runnin' (feat. Jay-Z, Freeway)
08 Spit Shine (feat. Xzibit)
09 Time Of My Life (feat. Macy Gray)
10 U Wanna Be Me (feat. Nas)
11 Wanksta (feat. 50 Cent)
12 Wasting My Time (feat. Boomkat)
13 RAKIM (feat. Rakim)
14 That's My Nigga Fo' Real (feat. Young Zee)
15 Battle (feat. Gangstarr)
16 Rabbit Run (feat. Eminem)
8 Mile
Soundtrack

Notre avis Label : Shady Records
Prod : Eminem, Denaun Porter
Sortie : /11/2002
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Tetsuo
Publié le 26/02/2003

A l’heure où le film arrive en France, la bande originale du film de Marshall Mathers “8 Mile” est disponible depuis quelques mois. Nouvelle sortie de Shady Records, la bande originale fait bien évidemment la part belle aux artistes maison avec Eminem en tête d’affiche. Néanmoins, “8 Mile” ne cède pas totalement au gros produit marketing. Nas, Jaÿ-Z, Gangstarr, Rakim ou Xzibit ne sont pas là pour des featurings et des quatre mesures expédiés à l’arrache pour figurer en sticker sur le CD. Ils sont encore moins là pour faire les pantins avec des rappeurs prenant le micro pour la première fois.

Pour une fois, on a affaire à une BO solide qui ne se perd pas dans des ambiances diffuses. On en a assez de ces BOs où l’on se fait servir deux morceaux rap, quatre morceaux R’nB pour les moments love du film et de cinq morceaux cross-over avec des lalala aux refrains. Pour autant, Macy Gray et Boomkat servent d’entracte ici. Soul et refrain d’enfants que l’on se surprendra à reprendre en choeur pour Macy et mix Trip Hop en basse avec des violons sur une chanson qui sonne accoustique dans la voix, “Wasting my time” est enchanteur.

Rentrons dans le vif du sujet. Xzibit bounce doucement mais frappe fort, déjà plus fort que sur son dernier album. Avec un rap egotrip énergique, il pose sur un son de Denaun Porter (’’Purple pills’’,” The wash’’), subtile mélange de bounce électro du meilleur effet pour une fois. De leurs côtés, Guru et Primo ne salissent pas le blaze Gangstarr en déclinant le thème des battles sur un son qui sonne la charge à coup de trompettes. Bien évidemment, les sempiternelles scratchs de DJ Premier sont là et Guru se contente de quelques mesures bien balancés pour l’efficacité. La déception viendra de Rakim avec un titre chaotique sur un son qui mettrait sous pression le plus amorphe des rappeurs. C’est simple, au jeu "Où est Charlie", on le perdrait tellement son flow est dans "la norme". Obie Trice et 50 Cent ne brillent pas particulièrement de leur côté, mais placent quand même d’honnêtes “Adrenalyne rush” pour le premier et “Places to go” pour le second.

Le clash Nas / Jaÿ-Z se poursuit sur “8 Mile” et ça tombe bien, c’est dans le ton du film. Nas place un texte spécial battle avec comme seule indication une référence à son ex partie avec Jaÿ-Z (“First they love you, could be the bitch that even live with you / Mad at your riches, now she switched, turned miserable” ). Indifférent ou pas au courant du texte de Nas, Jaÿ-Z se contente de donner une leçon de flow avec des accélérations et un débit qui en laisserait plus d’un à la rue. Evitons de compter les points... mais on regrettera que Jaÿ-Z partage le micro avec Freeway. Ahhhh, finalement on la tient notre épine récurrente aux soundtracks...

L’explosion du disque est à l’image du premier morceau. Eminem ravage tout sur ses trois titres solos avec notamment “Lose yourself” qui retrace ses débuts dans les battles et décrit avec justesse sa position vis à vis de sa fille : la réussite ou rien. D’un point de vu technique, que dire... son premier couplet est bien calé, rythmé, calibré et l’alchimie avec la musique est parfaite. On note un sacré différent entre son discours présent et celui du Slim Shady puisque le message qu’il passe est positif tout comme celui de l’éponyme “8 Mile” . Détail puissant, la base du morceau repose sur des bruits de rails réguliers que l’on discerne plus facilement au début du morceau et qui sont tout à propos quand il parle de ses difficultés à quitter 8 Mile Road. “Sorry momma I’ve grown, I must travel alone / and go follow the footsteps I’m makin my own / only way that I know how to escape from this 8 Mile Road” Enfin, on termine sur “Rabbit run” où il fait face à son stylo comme un tueur face à son arme. Le thème de l’écriture a été peu abordé et “Rabbit run” conclue l’album de manière grandiose et oppressante avec ses incessants sons d’horloge qui expriment l’urgence. Les meilleurs morceaux de Marshall Mathers assurément.

You can do anything you set your mind to, man.

Ajoutez à celà un CD promo Shady records 6 titres en édition limitée avec un inédit “Stimulate” d’Eminem... argh, on meurt à l’écoute de cette production rock. Eminem est assurément LE talent qui a explosé en 2002. Que nous réserve 2003 ?
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