Brother Ali - Shadows on the sun
01 Room With The View
02 Champion
03 Star Quality
04 Prince Charming
05 Win Some Lose Some
06 Pay Them Back
07 Blah Blah Blah (feat. Slug)
08 Shadows On The Sun
09 Prelude
10 Forest Whitiker
11 Bitchslap!
12 Backstage Pacin
13 When The Beat Comes In
14 Missing Teeth (feat. slug)
15 Dorian
16 Soul Whisper
17 Picket Fence
18 Victory! (Come Forward)
Brother Ali
Shadows on the sun

Notre avis Label : Ant
Prod : Rhymesayers Entertainment
Sortie : /05/2003
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Mehdi
Publié le 11/03/2004

’’Dire que j’aurais pu passer à coté...’’, la phrase qui revient souvent lorsqu’un album que rien ne destinait à attirer notre attention nous laisse une sacrée impression : Un Artiste peu connu, un premier album qui n’a pas fait date et surtout une multiplication d’auto-productions pour la plupart d’une médiocre qualité. Bref rien ne prédisait que cet album serait différent. C’est pourtant cette phrase qui caractérise le surprenant ’’Shadows on the Sun’’, le second album de Brother Ali.

Loin de tout format standard où les 3 habituelles notes de synthé rythment les ’’singles potentiels’’, la structure musicale de cet album est d’une rare cohérence. Différents registres sont essayés tour à tour sans s’éloigner de la ligne directrice. Les teintes de soul omniprésentes feront le bonheur de tous : des plus old school avec Blah Blah Blah ou encore Bitchslap au plus classique Shadows on the sun. Les amateurs de sons sans fioritures ni excès seront ravis. Les cervicales souffriront à l’écoute de Backstage Pacin ou encore when the beat Comes in, mais elles pourront se reposer plus tard : cet opus reste dans sa majeure partie posé. On regrettera par contre Soul Whisper qui reprend la même boucle que celle utilisée par A+ lors de ses heures de gloire sans rien n’y apporter de nouveau, mais à ce niveau c’est la seule tâche d’huile au compteur.

En revanche Ali sait faire de belles taches d’encre avec sa plume, de l’égotrip aux thèmes plus réfléchis en passant par l’autodérision. Dorian en est l’exemple parfait : il endosse parfaitement le rôle du voisin, témoin de violences conjugales : ’’But yo these thin ass walls got everything leakin’ through / Now first thing’s first I don’t judge you for the weed smoke / But I can hear your daughter yellin’ ’’daddy, please dont’’ / And it’s not once or twice, but every damn night’’. Picket Fence où il fait son introspection ou encore Forest Whitiker qui d’ailleurs nous fait penser à ’’Je suis peut-être’’ d’Akhenaton : ’’I shave a cranium that ain’t quite shaped right Face tight, shiny, I stay up and write late nights’’ (troublant non?). Tantôt touchant tantôt comique aucun aspect lyrique n’est oublié et Ali s’impose par son style maîtrisé et sérieux du story telling.

Enfin, il démontre qu’il n’est pas qu’un lyriciste mais qu’il sait aussi se distinguer par son flow : il sait s’adapter selon le tempo et la tonalité du texte. Beaucoup plus hilare sur ces textes comiques (Forest Whitiker), posé et émotif sur le reste avec des accélérations et des changements de tonalités, il donne du poids à ces prestations.

Peu de points sombres sont à dénombrer sur cet album, si ce n’est les multiples textes egotrip ou un énième morceau adressé aux wacks ’’Star Quality’’ qui est tout de même l’un des meilleurs morceaux de par sa production et sa vibe. Enfin sur ce point on peut être indulgent : chaque mc a le droit à son morceau ’’anti-wack’’ même si on s’en dispenserait bien... Pour ceux qui connaissaient Brother Ali cet album est recommandé et pour ceux qui ne le connaissaient pas non plus d’ailleurs... Rare sont les albums avec une aussi bonne finition. Pourquoi s’en priver ?
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