01 Internet MC's (Radio) 02 Internet MC's (Dirty) 03 Internet MC's (Instrumental) 04 The Flow (Instrumental) 05 Sport Center (feat. Mr Eon) 06 Sport Center (Instrumental) (feat. Mr Eon) 07 The Flow (radio) 08 The Flow (Dirty)
Label : Rawkus Records Prod : Sortie : /09/2000 Format : 12"
Chronique LEHIPHOP.COM par Mike Publié le 30/06/2001
Pas assez de chroniques de twelve US en ce moment ? Qu’à cela ne tienne, en voila une qui ne manquera pas d’attirer votre attention, tant le buzz est gros sur internet. Et pour cause, le MC de Boston, compaire de 7L & Esoteric, Mr Lif et autres High & Mighty débarque avec un 12" qui fait mouche, notamment avec le morceau “Internet MC’s”, titre phare qui tourne en dérision les wack MCs du web. Le maxi est en fait extrait en partie de “The EP” sorti au mois d’aout dernier, avec en prime un morceau inédit “Sport Center”.
Pour ceux qui ne connaissaient pas encore Akrobatik, il est l’une des figures de proue du hip-hop de Boston, véritable vivier underground de la côte est en ce moment. Et quand on sait qu’il faisait les premières parties d’Eminem et de A Tribe Called Quest, il ne pouvait que percer tôt ou tard. Signé chez Detonator Records, il rappe depuis 83 mais c’est courant 98-99 que le “grand public underground” le découvre avec des morceaux comme “Say Yes Say Word” et pose notamment sur le 12" de Mr Lif (peut-être l’interview sur LeHiphop.com !). A partir de là, les évènements s’enchainent et nous voilà donc en 2000 où il lâche successivement” The EP “(avec des featurings de taille : Afu-Ra, Mr Lif, Eso). Un gars au Quo Vadis archi plein et aux journées chargées puisqu’il rappe, produit ses sons, et dirige un magazine hip-hop dans la région de Boston.
Mais le temps, il le trouve quand même pour nous faire profiter de ses akrobaties verbales sur son dernier projet qui réunit donc trois morceaux frais comme un coke dans le frigo (désolé). Ca commence par le fameux “Internet MC’s”. L’idée du morceau est de tourner en ridicule tous les ados qui croient maitriser la rime cachés derrière un clavier mais qui n’ont jamais eu le cran de prendre le mic en soirée. Le mot d’ordre du concept c’est la gaze, et Akrobatik se démerde pas mal, jugez plutôt : “T’as choisi Internet comme media, juste pour pas qu’on entende ta voix de trou du cul / Combien de MC peuvent me test, aucun alors reboote ta merde et presse sur Control+Alt+Delete”. Le morceau est bien amené, on entend des bruits de claviers, “What’s the password ?”, avec des samples tirés d’AOL. Bien mené aussi par le flow et les paroles d’Akrobatik, tout le monde en prend un peu pour son grade, dans la joie et le bon humour. Au niveau du son, rien à dire, ce n’est pas une instru qui dépote, mais c’est d’avantage les lyrics qui retiennent l’attention sur ce titre. Le beat est cette fois-ci juste un prétexte pour chambrer les akro du net. Et il faut dire qu’Ak m’a surpris par sa connaissance du milieu. Les mots du style JPEG, ScreenName, Ctrl+Alt+Delete le trahissent à moitié, il doit aussi son succés à sa présence sur internet. Il connait bien la toile, et a sûrement dû, comme ceux qu’il a pris pour cible, fréquenter plus d’une fois les rhyme battlez (que celui qui n’a jamais écrit une connerie sur l’open mic du site lève la main :). Bref,” Internet MC’s “est LE morceau de cette fin d’année sur l’autoroute de l’information, le réseau des réseaux...enfin bon internet quoi !
Pour les deux autres titres, ils feront sûrement moins d’émuls sur les forumz (ironie du sort !), mais ne vous y trompez pas, la qualité est bien là, ancrée par exemple sur ce beat inquiétant de “Sport Center” à base de piano saccadé. Certains chroniqueurs diront qu’Eon est un wack emcee, encore des jaloux ou des frustrés (des internet emcees ?). Toujours est-il qu’Akrobatik a bien choisi le seul featuring du 12’’. Les deux se complètent, même s’ils sont moins complice que peut l’être Eon avec Cage, les Smut Peddlers dont on attend toujours un album. Le concept du morceau est assez connu dans le genre : on enchaine les rimes en citant des noms d’athlètes, des marques de bières ou des stars de la chanson. C’est pas forcément trés original mais c’est bien fait. Et si en plus on y case des scratches bien callés, c’est plus qu’honnête. “The Flow” n’est pas le meilleur titre, mais il est en bonne place, notamment grâce à l’instru travaillée. Je dois avouer que je ne sais toujours pas si c’est bien Akrobatik qui a produit lui-même ce twelve, mais ce dernier beat est de loin le meilleur. Mais le son ne fait pas tout, Ak alonge les rimes egotrip avec aisance. Il n’y a pas de thème ni de refrain, juste deux couplets. C’est presque freestyle, mais ça passe quand même.
Finalement, que ce soit par les instrus, par son flow ou par ses textes, Akrobatik parvient sur ces trois titres à virevoleter sur le beat, jongler avec les mots. Ak est un artiste assez complet, comme pas mal de emcees/producteurs/chroniqueurs de la scène underground. Un triathlète qui fricote avec plusieurs équipe en même temps : Rawkus, Eastern Conference (le label des High & Mighty) ou bien encore Detonator sur lequel il featurera le prochain projet de Breez EvahFlowin intitulé “Pro-Files”. Toutes les chroniques