Black Sunz - Black Sunz Compilation
01 Anonymous Twist
02 DJ Moves (feat. Sixtoo, Kotep Omegatron, Mind Bender, Knowself)
03 Celph Titled
04 Jugga
05 Anonymous Twist
06 K-Smooth, C-Nice, Genuyne, Tack Fu
07 Celph Titled
08 Moka Only
09 Anonymous Twist
10 The Goods
11 Celph Titled
12 Panic, Earl-E, J-8, Tack Fu
13 Obe One
14 Anonymous Twist
15 Paul Mak
16 Spontaneous
17 Celph Titled
18 Paul The Apostle
19 Sethro
20 Tachichi And Moves
21 Bird Apres
22 T.Tack, Genuyne
23 Avernus X
Black Sunz
Black Sunz Compilation

Notre avis Label : Redline Productions
Prod :
Sortie : //2000
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Mike
Publié le 09/07/2001

Black Sunz c’est quoi ? Plus qu’un projet de compilation c’est surtout les connections les plus intéressantes du hip-hop indépendant de la côte ouest du Canada/Us. Sur pas moins de 24 titres dont quelques interludes géniales, c’est presque autant de talents qui défilent. Et pas des moindres : Anonymous Twist (dont on avait déjà parlé en bien à l’époque de son album “Eugenics”), Spontaneous le Disiz de l’underground outre-atlantique à en juger pas ses récentes participations (Saukrates, X-Zibit, etc.), Moka Only (il vient de sortir un 12’’, bientot sur Lehiphop.com) et Celph Titled, l’autre petit génie emcee/producteur. Bref, cette compil s’annonce sous les meilleures hospices, même (surtout) si l’on ajoute à ça quelques voix inconnus du grand public.

Une compilation qui est pourtant passée entre les mailles du filet de la rédaction au moment de sa sortie, mais qui a sur refaire surface par quelques morceaux d’une excellence et d’une finesse rare. Au niveau du tracklisting, une constatation évidente : Anonymous et Celph Titled tiennent le haut du pavé mais ce n’est malheureusement qu’un simple effet visuel, ils produisent juste à eux deux les 9 interludes du CD. D’ailleurs, ces interludes rythment assez bien l’ensemble...ce qui donne un sentiment d’homogénéité et de cohérence de bout en bout.

Les bonnes surprises sont au rendez-vous avec tout d’abord “Introduction To The Century”. La production n’a rien d’exceptionnelle à vrai dire, mais Panic y déverse un chapelet de rimes avec un tel détachement que ça en devient paradoxalement trés percutant. The Goods fait également bonne figure sur “Episodic Melodies”, une instru qui justement est divisée en deux. Pas mémorable mais tout de même d’une qualité certaine, il ne faut pas oublier le trés sombre “The Impaler” sans aucun sample sur les couplets, et une mélodie sur le refrain qui rappellera les plus belles années de Daktari.

Mais ce qui fait de cette compil un CD à écouter tient en pas plus de 4 titres. Jugga sur “Atlantis” est efficace, aligne un flow irréprochable sur une instru qui s’y accorde bien. A mi-chemin entre MethodMan et Bokass (si si !), Jugga risque de faire encore parler de lui sur les prochaines compils lyricales de Redline Production. Un autre morceau à ne pas rater c’est évidemment celui de Moka Only. Un beat trés lent pour un flow qui du coup ferait presque penser à du spoken words. Un texte dans lequel Moke parle de cul, ce qu’il fait d’ailleurs comprendre instinctivement par ses respirations haletantes et son refrain enivrant “What’s what’s goin’goin’on upstairs ?”. Un peu dans la même veine, un illustre inconnu nous donne une sacrée leçon sur “Teenage Angst”. Paul The Apostle impose son flow coulé et ses lyrics plein d’humour (surtout quand il prend sa voix de fille) pour nous conter les déboires d’une majorette appelée Anita. A noter que le sample du deuxième refrain est tout bonnement hypnotisant !

Et comme un fait exprés c’est la piste qui conclue le CD qui est la meilleure. Un monument musical dirons-nous...même si ce n’est pas à proprement parlé du pur hip-hop puisque personne ne rappe dessus et les sonorités sont plus électronique qu’autre chose. Un genre de chants des baleines sur une symphonie de l’espace. “Redline Anthem” d’Avernus X est un moment grandiose qui d’ailleurs est l’hymne officiel du label.

Même si Black Sunz ne surprend pas sur l’ensemble des morceaux, cette compilation reste la preuve que le vivier hip-hop canadien n’a pas dit son dernier mot. Quatre morceaux géniaux pour 24 pistes c’est peut-être peu, mais c’est tellement suffisant ! Juste un simple regret : on aurait aimer voir Anonymous et Celph Titled avec leur casquette de emcees plutot que de “bouches-trou” pour les interludes.
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