Bubba Sparxxx - The charm
01 Represent
02 Heat It Up
03 Claremont Lounge (feat. Killer Mike)
04 As The Rim Spins
05 That Man
06 The Otherside (feat. Petey Pablo)
07 Ain’t Life Grand (feat. Scar)
08 Run Away (feat. Frankie J)
09 Wonderful
10 Ms New Booty (feat. Ying Yang Twins)
11 Hey ! (a Lil’ Gratitude)
Bubba Sparxxx
The charm

Notre avis Label : Purple Ribbon/ Virgin EMI
Prod : Organized Noize, Big Boy...
Sortie : 04/04/2006
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Gone
Publié le 03/06/2006

En fonction de ce qu’on connaît d’un artiste, on a plus on ou moins d’attentes par rapport à son album. Arrivé dans le rap tambour battant avec Ugly alors qu’il bousculait les standards rapologiques en tant que gros blanc de la campagne, Bubba Sparxxx est d’autant plus soumis à cette règle qu’il en arrive à son troisième album, qu’il change justement de label, que le Sud est au centre des projecteurs et que les blancs sont de moins en moins des surprises. Il a manifestement choisi ce moment pour changer de formule et rejoindre la famille sonore particulièrement en vogue d’Atlanta. Il semble donc difficile d’apprécier “The charm” si on aime ni le crunk des Ying Yang Twins, ni la signature sonore qu’Organized Noize a rendu populaire à travers les succès d’Outkast. Bubba Sparxxx a clairement tourné la page Timbaland, désormais moins incontournable sur les ondes télé et radios US, pour entrer plus profondément dans l’univers dont il rêvait avant même de rapper, la Dungeon Family. Reste son rap pour assurer une certaine continuité et accrocher ceux de ses afficionados qui aimaient son ancienne formule.

Pour comprendre “The charm”, il faut admettre qu’il repose sur un pari : séduire l’immense public qui plébiscite la formule d’A.T.L depuis maintenant quelques années. Il ne s’agit plus d’imposer un white trash, de mettre la country au premier plan ou d’aller à l’encontre des modes du rap. Haystak et ses Country White Boys le font beaucoup mieux. Il s’agit désormais de tenter une entrée en force dans les strip clubs, dans les clubs et plus que tout dans les playlists de MTV, de B.E.T, des radios et des DJ. Bubba Sparxxx a donc maigri, choisi une pochette soignée et sexy, sélectionné des featurings vendeurs et travaillé ses singles. Le succès d’estime de son précédent opus l’ayant déçu, il démontre qu’il a parfaitement compris quels ingrédients boostaient les ventes. Et il a la franchise de l’expliquer dès son premier titre, Represent :

Sometimes you gotta lose yourself to find out where you really are
Let the cut burn then you know you earned it when it scars
I been a star, my name rang bells
But it means not a thing if it can’t bring sales
If you ain’t seen hell you should get a load of this
Just a dose of hopelessness while you sip your Mo and Cris
If I ain’t on your list, shit you can’t win them all
But until he died, most of y’all ain’t fuck wit Biggie Smalls
Atleast south of D.C. and west of Pittsbrug
That points, they don’t know you ’til you resting in dirt
If resting is sure, a loser isn’t sexiness
So make me the deadliest MC, I guess
It just wasn’t meant that I be mentioned with the greatest spittin then
Lord at least let me get it up and pay the rent again
You may intend to win but my alternative’s
The coffin or the furnacing, talking more determinant


La difficulté pour Bubba K maintenant qu’il a clairement choisi son camp, c’est d’y briller suffisamment pour s’y tailler une place à la dimension de ses hautes ambitions. Il a deux atouts pour ça. L’appui de Big Boy qui l’a signé et les qualités rapologiques que lui reconnaissent habituellement les critiques. Son premier atout se concrétise par 5 productions d’Organized Noize et deux featurings de Sleepy Brown, Big Boy ayant seulement fourni une prod. Quant à son rap, il est largement supérieur à ceux de beaucoup de kings du crunk (Lil Jon & the Eastside Boyz et consorts) mais il ne rivalise pas avec les signatures de pointures du sud comme Eightball, Scarface ou U.G.K. Son timbre n’est pas suffisamment original pour le démarquer autant qu’un MC Breed ou qu’un Slim Thug, son flow pas assez rond pour emmener ses auditeurs dans un balancement comme celui de Paul Wall. Ses sujets souvent égocentriques et pas toujours rattachés à une réalité palpable comme celle de The Product ou de Haystak. Reste son écriture, effectivement plutôt habile :

What it is, tell me the good news
I got a tool in my draws that you should use
Give that thang a good bruise, beat it on up
Girl you’ve been misused, heat it on up
I’m gone show you, what it was made for
Actin’ like you scared and unprepared, but you ain’t though
Grab your ankles, yeah that’s the angle
I’m gone make a stank hoe of daddy’s little angel
I’m at the condo, with General Patton
Losers make excuses, winners make it happen
We can pull the rides out, give you somethin to cry about
Give you somethin to lie about, inspiration while you pout
We can pull the broads out, in a straight line
Yours ain’t fine fuck it, here, take mines
Dude you way behind, get on Bubba K. time
I’m lightyears ahead, have a light beer instead, yeah


Alors pourquoi acheter “The charm” ?

- Pour trouver un lyriciste plutôt doué à des endroits où on en trouve pas toujours. Comme aux côtés de Frankie J dans une ballade syrupeuse mais où Bubba K débite en flow accéléré : “Girl don’t ever look back, our destiny awaits us / And whatever place we pump the brakes I’ll work my hands to the bone and just what it takes to /Give us everything our folks never had, I’m prepared for that”. Ou bien comme dans des titres crunk tels Heat it up ou Ms New Booty.

- Pour apprécier l’efficacité enfantine et si joyeuse de Wonderful ou la soul sudiste terriblement mélodieuse qu’apporte Sleepy Brown dans The other side.

Mais il faut reconnaître que, quel qu’il soit, le plaisir ne risque pas de se prolonger longtemps, puisque l’album dure moins de trois quarts d’heure. On regrettera donc qu’il ne soit pas plus long car, à moins d’être totalement acquis aux deux ou trois styles de la cuvée 2006 de Bubba Sparxxx, on a beaucoup de chances de rester sur sa faim…
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