Army of the Pharaohs - The torture papers
01 Battle Cry
02 Gorillas
03 Henry The 8th
04 Pull The Pins Out
05 Tear It Down
06 Into The Arms Of Angels
07 The Torture Papers
08 Listen Up
09 All Shall Perish
10 Wrath Of Gods
11 Narrow Grave
12 Feast Of The Wolves
13 King Among Kings
Army of the Pharaohs
The torture papers

Notre avis Label : Babygrande
Prod : Shuko, 7L, Rain, Loptimist...
Sortie : 21/03/2006
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Tetsuo
Publié le 10/07/2006

Initié par Vinnie Paz (Jedi Mind Tricks), Army of the Pharaohs est un collectif qui fait parler de lui depuis 1998 avec le maxi “The five perfect exertions / War ensemble”. A l’époque, le crew comprenait la nonchalante Bahamadia et l’excellent Virtuoso. Aujourd’hui, l’AOTP a grandi et rassemble plusieurs entités et rappeurs solos. Vinnie Paz (JMT) donc mais aussi 7L & Esoteric, Outerspace (Planet & Crypt), Apathy, Celph Titled, Chief Kamachi, Des Devious, King Syze, Reef the Lost Cauze et Faez One.
Ca ne fait peut-être pas 8 ans qu’on attend cet album avec impatience mais le nom a fait son bonhomme de chemin sur les différents albums de Jedi Mind Tricks et en 2003, le spectre d’un album collectif remontait à la surface avec la sortie confidentielle d’un “Rare shit, collabos, and freestyles mix”.

The torture papers”, tel est son nom, est à l’image du son JMT : à base de violon sombre, de piano désabusé, de guitare qui joue l’espoir parfois, de flow énervé ou énergique plus loin. Difficile de faire plus réducteur... Néanmoins l’emprunte JMT est palpable, Vinnie Paz continue à filer ses métaphores guerrières depuis une décennie maintenant et ce n’est pas All shall perish, Henry the 8th, Battle cry, Wrath of gods qui nous font mentir.
Aimed at your door but hit your head, shot your locks off
I heard you was afraid to say my name on your record
I can’t change laws sons, that’s a government issue
But I’ll break laws with a gun, that’s a government issue
” (Celph Titled)

Comme tous les albums de Jedi Mind Tricks, “The torture papers” demeure très égotrip dans l’ensemble. La faute à beaucoup de rappeurs par titre, ce qui impose souvent des couplets courts pour chacun et insidieusement à patater plus que de coutume. On ne se plaindra pas trop de cet aspect tant Esoteric sur Gorillas frappe fort. Son compère 7L se contente de deux prods, le très bon final King among kings et le léger Listen up.

Après quelques luttes acharnées, le repos du guerrier est bref. Narrow grave fait un peu penser au classique “Heavenly divine” échangeant les flûtes pour des choeurs féminins qui font office d’instrument. Une production audacieuse signée The White Shadow and Villa. Plus tôt, Into the arms of angels lâche des sacs et Vinnie Paz conclut avec un couplet très personnel, chose qui lui ressemble peu :
1988, pops died, middle of the night
Forty-six years old, middle of his life
My mother ain’t have a job, poppy was on his grind
And we ain’t got no money, so she lose her fuckin’ mind
My other brother, I won’t mention his fuckin’ name
’Cause he ain’t worthy of my bitterness or fuckin’ pain
Me and my mother, all we needed was some love
And my brother, all he needed was his drugs


Si tous les rappeurs du collectif n’ont pas le charisme du détonateur Vinnie Paz au sein de l’Army of the Pharaohs, l’alchimie est plutôt bonne avec un Celph Titled grave ou un Crypt rappant avec son accent latino. “The torture papers” peut en plus s’appuyer sur des sons qui font corps pour un déluge de sang, il ne manque peut-être que les interludes qui faisaient du bien sur “Legacy of blood”.

Les habitués savent déjà à quoi s’attendre avec la mention Jedi Mind Tricks sur la pochette, les autres en feront peut-être un gage de qualité en plongeant les oreilles dans les précédentes sorties. “The torture papers” n’est peut-être pas l’album événement vu l’attente qu’il a pu susciter mais l’affectif mis de côté, difficile de trouver à redire sur ces 13 titres.
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