Apathy - Eastern philosophy
01 Eastern Philosophy
02 1000 Grams
03 All About Crime
04 9 To 5 (feat. Emilio Lopez)
05 Here Come The Gangstas
06 Can’t Leave Rap Alone (feat. Celph Titled, Ryu)
07 One Of These Days
08 Me And My Friends (feat. One Two, Celph Titled)
09 Chemical
10 Doe Raker Check (feat. Motive)
11 Philosophical Gangsta (feat. Poison Pen, Bad Seed)
12 I Remember...
13 The Buck Stops Here
14 The Winter (feat. Blue Raspberry)
Apathy
Eastern philosophy

Notre avis Label : Babygrande
Prod : Chum, Q-Tones, 8th...
Sortie : 21/03/2006
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Tetsuo
Publié le 20/07/2006

Originaire du Connecticut, Apathy a débuté en guest sur le premier album de Jedi Mind Tricks en 1996 (“The psycho social”) avant d’intéresser Atlantic Records. Très proche de Celph Titled avec lequel il a sorti quelques maxis “Compatible”, “Just Begun”, il intègre le crew Demigodz. Il va y cotoyer notamment 7L & Esoteric. Ces rencontres ne sont pas fortuites puisqu’ils se sont retrouvés sur le projet Army of the Pharaohs cette année... Fin 2005, on a entendu Apathy également avec Fort Minor.

si l’on excepte le bootleg “Where’s your album ?”, “Eastern philosophy” est donc son premier long format officiel. Un titre qu’il a en tête depuis 1998 et qui rend surtout hommage à l’environnement qui l’a façonné. Il rap en intro :
I grew up where the, summers are hotter than Lucifer’s kitchen
Plus nuclear fission, you do the addition
Where the, winters are colder than the polar region
So the changin season got our brains uneven


Cependant, Apathy revendique plus qu’un lieu où il a grandi et forcément, “Eastern philosophy” sent bon le rap new-yorkais des années 90. Une intention évidente sur I remember... et tout au long de l’album. Il sample joyeusement les rimes de Guru (All about crime), Lauryn Hill (Me and my friends), KRS One (Eastern philosophy) jusqu’à l’inoubliable “9 to 5 is how you survive, I ain’t tryin survive / I’m tryin live it to the limit and love it alive” de Jay-Z (Can i live) qui fait office de refrain pour le génialissime 9 to 5 qui fera son petit effet bien fort où vous voulez. Cette démarche rappelle un peu celle de The Game, heureusement que Ap évite d’en faire trop en se contentant de scratches sans reprendre à son compte certains lyrics.
En parlant de scratchs, on remarquera la présence aux platines d’Evil Dee (Black Moon) sur The buck stops here.

Présenté juste comme ça, c’est sûr que l’on ne donne pas cher de la peau d’Apathy. Le rappeur blanc s’avère réfléchi et cède rarement à la facilité. Alors ok, il balance un nerveux All about crime qui ne révolutionne pas le genre mais il a le bon sens de rapprocher le crime local au crime à grande échelle du gouvernement américain. Si l’on ne fait qu’effleurer les sons d’Ap, on tombera sur son single Winter. La présence de la chanteuse Blue Raspberry rajoute à l’ambiance feutrée et à écouter juste le refrain, on se croit en plein RZA. Apathy se retrouve plongé dans une nuit sous un zéro absolu implorant des jours enneigés pour des lyrics limite mystiques. Un morceau étonnant pour un premier extrait... Ailleurs, il s’approprie l’expression The buck stops here pour se glisser dans la peau d’un billet, sur Chemical, il fait état de tout ce qui est modifié chimiquement, des drogues aux enfants en passant par la nourriture. Un brin d’humour noir qui ne fait pas oublier l’état d’urgence dans lequel se trouve le monde.

Produit majoritairement par Chum the Skrilla, “Eastern philosophy” est un album très solide qui manque parfois un peu de punch. Apathy le déclarait en interview, il veut rapper sur un beat de Primo... et vu les crédits, ce n’est pas pour cette fois-ci. Que ça lui donne un bon prétexte pour un deuxième LP !
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