Adès - Un degré de plus
01 Chacun Ses Armes
02 Traverser Le Temps (feat. Seven)
03 Avec Des Si (feat. Loko)
04 Faut Avancer Seul
05 Depuis De Longues Années (feat. Model)
06 Mon Paradis (feat. Al Kpote)
07 Criminel (feat. Jerry Dafunkilla & Chris Taylor)
08 En Mode Perquise
09 Le Son Des Dreads Et Des Cailleras (feat. Eki Masta)
10 Comme Un Petit
11 Faut Que ça Pète
12 Abats Les Porcs
13 Pour Ceux Qui Savent
14 Poucave
15 Je Pense à Vous
Adès
Un degré de plus

Notre avis Label : Adès Prod
Prod : Adès
Sortie : 29/01/2007
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Ness'ty
Publié le 07/03/2007

Encore un rappeur parisien comme on en compte des dizaines, tous plus ressemblants les uns que les autres, tous plus ghettos les uns que les autres, direz-vous ? Eh bien oui... mais Adès a tout de même quelques particularités et mérite qu’on s’y intéresse un peu. Enfin un rappeur qui sait chanter, il fallait écouter ça... Adès a intégré plusieurs collectifs pour finalement s’en défaire et finir seul sur cet album.
Echappé des Repentis (Mais que devient Krealin ?), le MC du 19ème a fait partie de l’écurie Néochrome depuis ses débuts, co-produisant même certains projets. De cette collaboration est sorti l’excellent “Chasse à l’homme”, street album qui aurait pu, faire office d’album tant son contenu était carré et travaillé.

Que certains ravalent leurs mauvaises langues, il n’y a aucune tension avec le label, la rappeur parisien a préféré faire émerger sa propre structure, Adès-Prod. L’ambiance glauque du nord de Paris s’est un peu estompée sur cet opus pour laisser place à plus de spiritualité. Le Mc a voulu quitter pour un temps son QG de la place des Fêtes pour toucher les cieux. “Je pense à vous”, la ballade de fin d’album traite des différentes guerres de religions. Mais Adès garde son côté voyou, évoquant les problèmes de banlieue, les dérives de la police sur les excellents “Criminel” ou encore “Abats les Porcs”. Idéaliste sur “Avec des si” en collaboration avec Loko, Adès lâche son flow hargneux avec justesse et précision. Une bonne dose de titres se veulent fédérateurs, Adès est touché par les discriminations dont souffrent les musulmans et l’exprime sur “Traverser le temps” avec Seven et “Mon Paradis” featuring Al Kpote. Oui Adès est plus mystique sur cet opus mais malheureusement il y a beaucoup de paradoxes dans ses textes qui l’éloignent d’un Médine ou d’un Kery James. Au final ce grand mélange de religion, de sexe et de délinquance salit son discours.

Adès avait déjà illustré sur “Chasse à l’homme” un penchant pour les refrains ragga, il a cette fois composé un hymne le “Son des dreads” et des cailleras en collaboration avec Eki Masta. La musique d’Adès est loin d’un rap monocorde qui ferait juste bouger la tête, elle est empreinte d’une forte musicalité. Il est à l’aise sur tous les types de sons, tantôt rappant, tantôt chantant. Il a même samplé le générique des Choristes sur “Pour ceux qui savent” et le résultat est fort probant, on sent une aisance évidente derrière les manettes.

Un Degré de plus” est 100% home made, et le MC confirme son talent en production avec des sons éclectiques, mélodieux, agrémentés de basses discrètes. Les instrumentales sont principalement composées de piano et de guitare, on notera la voix pitchée mixée à l’envers posée sur le beat de “Perquise”. Mais les textes déservent ce travail minutieux de production. Même si les fautes de français ont disparu depuis “Chasse à l’homme”, le côté inspiré que souhaite donner le rappeur à certains de ses titres bascule souvent dans le ridicule avec des phases naïves. Pour ceux qui auraient loupé l’enseignement religieux ou l’élection de Miss France, Adès dit “Non à la Guerre” et nous rappelle que “Si tu veux le paradis, il faut faire le bien, à ton pire ennemi mais aussi ton voisin...”. Sans oublier les comparaisons foireuses telles que “Le respect c’est comme la baise faut savoir se protéger”...

Si certains ont un flingue dans leur Bescherell, Adès n’a peut-être pas le Bescherell mais est musicalement bien armé. On déplore qu’il n’ait su créer une homogénéité sur son album, il est difficile pour beaucoup de titres, d’en déterminer le thème. Un talent évident de producteur, un MC performant, alors devrait-il se faire ghostwriter pour la suite ? Non, mais on souhaite que la pénurie de punchlines prenne fin sur la planète Adès pour un prochain album plus prolifique car la verve artistique est bien présente, c’est certain.
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