Antipop Consortium - Tragique Epilogue
01 Laundry
02 Nude Paper
03 Your World Is Flat
04 PSA2
05 9.99
06 Rinseflow
07 Here They Come Now
08 Moon Zero X-M
09 Lift
10 Eyewall (feat. Electro Foetus)
11 Syllab
12 Monster Sex
13 Smores
14 Driving In Circles
15 3 Digit Wiz
16 Antontonebarr NE-0
17 Heatrays (feat. Aceyalone)
18 Disorientation (feat. Apany B Fly)
19 What Am I (feat. Pharoahe Monch & Life)
Antipop Consortium
Tragique Epilogue

Notre avis Label : 75 Ark
Prod : E Blaize
Sortie : /05/2000
Format : CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Wav
Publié le 03/08/2001

Oui cet album commence à dater, début 2000 déjà, mais c’était un crime contre l’humanité que de ne pas le chroniquer, alors on profite de sa sortie officielle sur le territoire français à 100 balles (et non plus à 150 en import comme avant) pour en taper un bref aperçu.

Bref historique du groupe : Antipop Consortium se compose de trois rappeurs/poètes - Beans, High Priest et M. Sayyid - et d’un producteur E Blaize, tout ce beau monde se rencontre au Nuyorican Café, célèbre coin dédié au slam et à la poésie en tout genre, issu de ce gang bang verbal : un crew nommé les Vibes Kameleonz. Tout cela se passe dans le milieu des années 90, mais alors quoi ? 10 ans de gestation ? Plus ou moins, en fait c’est tout a fait par hasard que j’ai retrouvé la trace des Vibes Kameleonz sur un support Cd : l’album terriblement méconnu de Sha KeyA head nadda journey to adidi skizm”. La poétesse désormais reconvertie chanteuse dans le groupe des Brooklyn Funk Essential avait eu la bonne idée de confier les 3/4 de la prod de cet album à un certain E-Blaize, et dans les invités de l’album, aux côtés de J-live, Ill bill ou encore Rahzel, on pouvait écouter les premières œuvre de High Priest et Beans. Tout ça en 93 ! 6 ans plus tard, on les retrouve en Angleterre avec Dj Vadim pour un album fondateur des productions Uk actuelles.

Et c’est donc seulement en notre an de grâce 2000 que Tragic Epilogue parvient à nos oreilles. Son dépassé ? producteur oldskool ? poètes à la petite semaine ? Non au contraire, Antipop Consortium se transforme en porte Flambeau de toute une frange du Hip-hop, celui qui se dit progressiste et veut effacer toutes ces années de stagnation, un combat anti pop quoi. Au résultat, un album long de 19 titres tous aussi sombres, désarticulés, et planants. Difficile de décrire les samples - parfois electro, parfois lents, ou le flow des rappeurs, tantôt rap tantôt chant tantôt poésie scandée lentement.

L’album commence avec “Laundry”, morceau plus entraînant que la plupart des autres de l’album, reposant sur une énorme basse, qui nous amène au super electro “Nude paper”, et du break on passe au planant “Your World is flat” solo de High Priest, changement de ton mais jamais d’ambiance. “9.99”, le solo de Mr Sayyid est une étrange histoire de meurtre, plus dans le thème du polar que des histoires de long Beach, là la poésie se fait tout de suite moins présente, mais le morceau reposant sur une grosse boucle de piano est efficace. “Rinseflow” sur une boucle poussiéreuse reste dans le même genre, toujours festif, le flow de High Priest est lent au possible, suivent deux skits d’affilé, oui mais les skits d’E Blaize sont des morceaux à part entière, c’est assez spécial... à découvrir, “Moon zero X-M” semble tout droit sorti d’un spot publicitaire d’une secte bien tordue, et ça tombe bien puisque on parle de tordu car voilà “Lift”, premier morceau que j’ai écouté d’eux, autant vous le dire tout de suite au début ça fait un peu un choc, difficile à décrire, on dirait trois personnes tombées dans une cage d’ascenseur se débattant fébrilement contre les courts circuits qui les entourent, c’est de la musique de secte voudij.

Et ça s’arrange pas avec “Eyewall” sur une rythmique Jazz, un Saxo qui prend ses aises et des bizarobruits, le tout dans un joyeux bordel désordonné. En plus, il faut attendre deux bonnes minutes avant qu’un emcee se décide à faire entendre sa voix. Et quand ils s’ébranlent enfin c’est pour jouer avec nos nerfs et nos oreilles avec les voix qui se balancent d’écho en echo de droite à gauche, dérangeant. L’ambiance retombe un chouia avec “Sllab” qui du coup ne repose que sur deux samples continus, alors forcément on est déçu. “Smores” retombe dans la musique de secte, trois notes de piano, une reverb d’enfer, un bon sample de Apani en guise de refrain, diablement efficace. “Driving in circles” est un morceau plus ou moins instrumental puisque les emcees ne se réveillent qu’au moment du refrain pour nous faire écouter leurs jolis filets de voix - c’est sympa quand ils chantent - morceau qui repose sur un sample équivalent à l’excellent “Too late” des Reflection eternal. mais forcément Antipop consortium ça n’a rien à voir, en tout cas E blaize doit s’amuser comme un fou avec les boutons de sa Mpc, et puis Beans qui chante ça vaut le coup. Retour de la basse qui tue sur “3 digit wiz”, puis arrivée de samples aussi discrets que nombreux. “Heatrays” retombe dans l’ascenseur de Lift et se joue sur deux trois notes de xylophone, avec la collaboration de Aceyalone aussi space que les autres, donc forcément dans le ton. “Disorientation” si il n’y avait pas cette basse imbibée serait un morceau normal mais non. En plus la belle Apani B se pose dessus alors... “What am I” conclue cet opus avec l’ex king de l’underground indépendant, Pharoahe Monch qui lui aussi ne peut que se plier aux bizareries de E Blaize. Album sous acides + album fondateur + album à 50 Frcs de moins = album à acheter, ou en tout cas à se procurer, au moins pour pas mourir con.

NB : je ne recommande pas l’achat cumulé de Gamma et Antipop Consortium, ou alors couplé à un bon vieux Dorothée ou Bézu.
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