Rohff - La fierté des nôtres
01 Intro
02 Nouveau Rap
03 Le Milieu
04 La Vie Continue
05 Ca Fait Plaisir (feat. Intouchable)
06 Dur D’être Peace (feat. Janice)
07 Pleure Pas
08 Pétrole (feat. Kayna Samet)
09 Trop D’énergie (feat. Mohamed Lamine)
10 Message à La Racaille
11 Le Coeur D’un Homme
12 Souvenirs
13 Charisme (feat. Wallen)
14 Le Son Qui Tue (feat. Natty)
15 Le Son De La Hagra (feat. Expression Direkt)
16 Mal Aimé (feat. Kéry James)
17 Fils à Pap
18 T’es Pas Comme Moi
19 Bling Bling (feat. Admiral T)
20 Apparences Trompeuses
21 Sincère
22 Toujours Ton Enfant
23 Fiston (feat. J Mi Sissoko)
24 Pervertie
25 Bollywood Style
26 Zone Internationale (feat. Roldan G Rivero d'Orishas)
27 94
28 Le Mot D’ordre
29 Code 187 (feat. Kamelancien, Alibi Montana, Sefyu)
30 Outro - J’rappe Mieux Que Toi
Rohff
La fierté des nôtres

Notre avis Label : Hostile Records
Prod : Said des Mureaux, JR, Don Silver
Sortie : 21/06/2004
Format : Double CD
Chronique LEHIPHOP.COM par Tetsuo
Publié le 28/06/2004

Fini le temps où l’on avait honte d’écouter du rap français consommé juste dans son casque. Bien que Rohff ne soit pas de ceux que l’on écoute devant ses parents, il a imposé son flow rageur en dépis d’une écriture pas toujours soignée. Et alors que d’autres perdent leur public en un single suicide, lui, a toujours su recadrer les choses à temps. Du cylindré TDSI à Qui est l’exemple ?, les plus aguerris ont su trouver dans le même temps leur bonheur avec A bout portant ou Le son, c’est la guerre. Quant à l’album du collectif Mafia K1fry, Rohff a clairement tiré l’album vers le haut, du coup, le retour de catastRohff est plus que jamais dans la ligne du viseur.

Enfonçons le clou aussi violemment que Rohff assoit le rap français sur une bouteille, La fierté des nôtres n’est pas le double album attendu... surtout après avoir écouté le très bon maxi 94 ! ’’Commercial comme 2Pac’’, il ne parvient pas à atteindre l’équilibre underground/grand public du tatoué décédé. Un équilibre frileux que l’on imputera à trop de refrains lalala qui minent Dur d’être peace, Apparences trompeuses ou Charisme par exemple. Et quand ce n’est pas un chanteur en manque d’échauffement vocal qui est en cause, une reprise de Hail mary de Makaveli (2Pac) sur Le son de la hagra vient heurter l’oreille. A l’origine des mélodies de l’album, quoi de plus logique que Rohff chantonne quelques refrains aussi ?

Sur le fond, Rohff n’a pas changé. Les égotrips sont toujours nombreux et les raps de voyou (Fils à pap, Code 187, Le milieu) cotoyent les textes plus positifs (Le coeur d’un homme, Toujours ton enfant). L’ambivalence du personnage demeure intacte. Alors d’où vient la gêne que l’on éprouve à l’écoute de ce nouvel album ? Certainement le manque de titres marquants comme pouvait l’être Génération sacrifiée ou Sensation brave sur les précédents albums. Les meilleurs morceaux sont le très nerveux Pétrole et Pleure pas... Autant dire que l’insuffisance guette nerveusement l’auditeur au fil des 30 morceaux. Ca fait plaisir ou Souvenirs sont bons mais...

Avec une petite dominante de sons de synthés et d’accents un peu westcoast, d’un morceau à l’autre les ambiances musicales changent du tout au tout. Comme autant de chemises d’un clubber, toutes les tendances sont abordées avec plus ou moins de réussites : orientale (Bolliwood style, Trop d’énergie), dancefloor lourd avec T’es pas comme moi qui ressemble curieusement au Yeah de Usher, ragga avec Le son qui tue, cubain avec l’étonnant Zone internationale et un agréable Kery avec Le mal aimé. C’est un genre Kéry James ? C’est tout comme ! Mais il faudra attendre encore pour avoir un Intact version Rohff/Kéry.

Malgré la fidélité de Rohff envers ses collaborateurs habituels (Said des Mureaux, J Mi Sissoko), on ne retrouve pas sur La fierté des nôtres la cohérence musicale et de propos de l’album de la Mafia K1fry ou du Code de l’honneur. Les prises de risque multiples sont à l’image de la tentative de rap de Wallen. Mais bon, pas de soucis, Rohff saura bien nous lâcher une ogive nucléaire hardcore pour recadrer tout ça et on pardonnera. Comme d’habitude.
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