IPM
Vous êtes l'un des premiers groupes lyonnais à vous développer au point de vue national, comment gérez-vous ce rôle de précurseur ?

Il est vrai que notre fierté est vraiment le label. Nous sommes très sollicités mais nous sommes vraiment confrontés aux réalités économiques du marché discographique, et c'est pourquoi par rapport a notre rôle de précurseur nous avons vraiment les pieds sur terre (contrairement a de nombreux autres groupes), et notre place pour l'avoir on s'est battu et on a investi de notre poche.

Comment voyez-vous la scène hip-hop lyonnaise se développer à votre avis, est-elle capable de rivaliser avec les scènes parisiennes et marseillaises dans un futur proche.

A Lyon, il y a beaucoup de groupes qui peuvent largement rivaliser avec les scènes marseillaises ou parisiennes (surtout vu la baisse de qualité du rap marseillais ou parisien en ce moment). Le seul problème c'est qu'il y a un réel problème de structures. Les groupes n'ont pas le sens de l'entreprise, et ils sont trop dans une démarche d'attente par rapport a l'extérieur. Mais ca commence a changer. Des nouveaux labels se montent, et des projets concrets s'annoncent a partir de la rentrée.

Al, dans son titre sur l'album de Cut Killer ''opération freestyle'' dit qu'à Lyon et Dijon, c'est un peu la merde au niveau soirées, mc's... Avez-vous le même avis sur la question?

Il est vrai que Lyon a traversé une période très critique au niveau des soirées embrouillles, et du vide au niveau de l'underground hip-hop. Mais depuis, il y a un magasin de disques spécialisés Hip-hop, il y plus d'émissions de radio, les soirées se passent bien, les concerts aussi, mais il est vrai que le public a un peu déserté les concerts. Mais ca s'arrange.

Parlons d'IPM plus précisément maintenant, pourriez-vous nous dire comment s'est créé celui-ci?

IPM est un groupe qui s'est monte en 90, a l'époque nous étions très peu de groupes (1 petite dizaine). IPM a d'abord fait énormément de concerts (près d'une centaine maintenant), c'est notre avantage par rapport a d'autres groupes qui ont d'abord sorti un groupe avant de faire de la scène. La formation d'IPM a beaucoup de changé, avant de stabiliser dans sa formation actuelle, il y a 6 ans.

Vous avez réalisé un album ''la galerie des glaces'' qui a été et est toujours un franc succès. Comment expliquer cette attraction du public pour votre groupe à votre avis.

Je pense que notre album a surpris beaucoup de monde, car de Lyon il n'y avait pas eu de sorties qui pouvaient rivaliser avec celles qui étaient déjà établies, et il est vrai que notre album a beaucoup fait parler (notamment de part les feats). Nous avons travaillé, mûri notre album, on l'a fait en trois sessions de studios, on a enregistré 25 morceaux et on en a gardé 18. Je pense que l'attraction du public a surtout été d'abord une curiosité.

On a remarqué sur celui-ci des ''grands'' du hip-hop français tel qu' Ärsenik du Secteur Ä et 3ème œil . Comment les avez-vous faits poser sur votre album, vous connaissiez-vous déjà bien auparavant?

Ärsenik sont les cousins d'un des rappeurs d'IPM. Savais-tu qu'a leur enfance ils habitaient dans une banlieue lyonnaise? 3eme Oeil? On avait fait une scène avec eux à Lyon, et le feeling était bien passé, donc on a décidé de les contacter pour que sur notre album il y ait enfin un axe PARIS-LYON-MARSEILLE.

Vous voyez-vous travailler sur un point de vue international maintenant?

Nous travaillons beaucoup avec la Suisse, la Belgique et le Canada. Maintenant nous développons le travail avec les DOM-TOM, l'Allemagne, et avec le net, nous commençons à prendre des contacts très intéressants aux quatre coins de la planète. Merde le hip-hop est vraiment universel!

Comment en êtes-vous arrivés à travailler sous le label lyonnaise des flows?

Pour nous, la démarche de départ est partie sur un constat: Paris, Marseille s'affirmait et nous qui sommes la depuis 90, nous assistions a toutes les collaborations, les sorties de disques venant de ces deux villes. Donc on s'est dit qu'il fallait qu'on se démerde tout seul pour faire avancer les choses. On a donc d'abord commencé par maquetter, monter notre propre label et constituer un capital. Car dès le départ nous avions choisi la voie de l'indépendant. Nous avons donc ensuite démarché en sachant très bien ce qu'on voulait et c'est ça qui a plus a nos interlocuteurs.

Travaillez-vous souvent avec d'autres groupes lyonnais?

Nous donnons beaucoup de conseils aux groupes qui viennent nous voir, mais il est vrai qu'on les encourage plus a monter leur structure, plutôt que de les signer chez nous. On a déjà de signé : IPM, KESTO et TNT, et c'est déjà un boulot de dingue, c'est pourquoi pour l'instant, on ne signe plus.

Pour terminer l'interview ,qu'est-ce qui est prévu maintenant pour IPM?

IPM travaille depuis un moment sur son second album prévu pour cet hiver, qui sera du maxi ''Crapuleux'' prévu pour novembre, mais vous retrouverez IPM sur pas mal de compils et mixtapes avant ca, et toujours en concert par ci par là. Restez branchés!


Propos recueillis par Ninopriest