Get Large
Entre Paris et NYC, les trois frenchies de Get Large (6, SLA, Dam's) reviennent pour nous sur leur méthode de travail, leurs rapports aux USA, avant la sortie officielle de leur premier album ''Please... Believe It !''.

Dans les articles à votre sujet, on vous présente toujours comme « Get Large, les petits frenchies qui n’ont pas eu froid aux yeux et qui sont partis croquer la grosse pomme ». Quel a été selon vous le premier truc qui vous a permis de vous faire connaître là bas ? Est-ce ce sang froid, des contacts pertinents ou un portefeuille bien rempli ?

Dam’s : C’est la grosse pub qu’on a fait sur Time Square. On a acheté un énorme panneau publicitaire au dessus du Virgin au croisement de la 42éme et Broadway.(Rires)

6, plus sérieux : Je pense que la première pierre, ça a été le premier maxi Get Large, il y a 2 ans. On a eu la chance d’avoir une distribution mondiale par MSU, le distributeur de Camp Low, Brand Nubian à l’époque, et ça nous a permis d’avoir un produit, une carte de visite quand on allait démarcher certains labels. C’est un maxi qui a bien marché, on a fait 3500 ventes, et même si c’est pas énorme, pour un vinyle ça va.

Comment sont vos relations aujourd’hui avec les cainris ? Professionnelles ou amicales ?

6 : De toute façon avec les cainris, je n’aurai jamais la prétention de dire qu’on a des relations amicales, parce que ça reste business. Tu vois un mec, tu peux pas le connaître depuis 6 mois et dire « j’suis super pote avec ». Même Masta Ace, ça fait 2 ans qu’on bosse avec lui, et jamais je te dirai qu’on est super potes avec lui, parce que du jour au lendemain, s’il n’y a plus de beats à proposer ou plus de business à faire, Masta Ace ne nous téléphonera plus ou ne nous calculera plus. Là j’exagère, mais c’est la vérité. Ça reste vraiment business. Après, on a des infinités avec certains, c’est vrai qu’on se retrouve plus facilement avec des MC comme Ali Vegas et tout ça, on a du plaisir à aller en studio avec eux, et on sort même ensembles des fois, mais tu sens que ça reste business. Et puis de toute façon, il y a ce système du crew. Si tu ne fais partie du posse ou du crew dès le départ, pour s’incorporer, c’est dur.

Est-ce que votre couleur a été un handicap pour approcher certains crews ? Avez-vous déjà senti du racisme anti-blanc dans votre démarchage ?

Non, je te dirais que pour eux, il y a deux sortes de blancs : le blanc américain, et l’étranger. Donc pour eux, on est d’abord français avant d’être blancs. D’ailleurs, quand tu leur dis français, pour eux c’est blanc automatiquement. Ils n’imaginent même pas qu’il y ait des blacks français. Donc nous, quand on leur dit français, ils s’imaginent tout de suite des blancs, et ça passe beaucoup mieux. Mais c’est vrai que si t’es un blanc cainri, c’est un peu moins bien… Pour eux, on est vraiment exotiques !

Comment se passent vos collaborations avec les cainris financièrement parlant ? N’exigent-ils pas de grosse sommes en cash dès le studio pour poser sur vos beats ?

Ca dépend vraiment, il y a de tout. Par exemple, si on a besoin de leurs services pour poser sur un beat, ou on leur donne un beat -c’est un échange gratuit- ou des fois on le paye, ou alors eux nous payent s’ils veulent un beat. Il n’y a pas de règle. Chaque MC est traité différemment. La plupart du temps cependant, ça a été des échanges, vu qu’on a travaillé sur notre album et donc qu’on avait besoin de MC. Pour Ali Vegas par exemple, il est venu poser pour notre album, mais il a en plus acheté les droits de certains morceaux. Pareil pour Masta Ace pour le titre The Hood, nous, on voulait le sortir en maxi, mais il nous a racheté les droits. T’as plein d’exemples comme ça qui font qu’il n’y a pas de règle précise. Si on était seulement des producteurs venus vendre nos beats, les choses seraient simples. Là en plus, on avait un projet à côté.

Est ce que la presse cainri s’intéresse à vous, et de façon plus générale, est ce que le marché cainri est votre cœur de cible, ou vous privilégiez l’Europe pour votre album ?

Déjà avec les maxis, on a eu des chroniques dans Elemental et des magazines de cette envergure. Bon, ce n’est pas The Source ou XXL, c’était à un niveau moindre, indé. Mais avec l’album qu’on sort mi-novembre aux Etats-Unis chez B-Side, un label basé à Los Angeles, on a un bon plan marketing, avec chroniques dans The Source, XXL, ½ pages de pub etc. Donc ça sera tout nouveau pour nous, parce que jusqu’à présent, ça coûtait trop d’argent. Je pense que la presse va donc vraiment commencer à s’intéresser à nous d’ici peu. Même si déjà grâce à nos collaborations sur l’album de Masta Ace ou d’Ali Vegas, ou à notre présence sur toutes les grosses mixtapes cainries du moment (on était sur la Kool Keith, sur la Big Mike etc), le buzz a déjà commencé à monter. On a eu pas mal d’appel de presse régionale US pour faire des interviews, des phoners etc. Donc petit à petit, la machine se met en route. Mais aux Etats-Unis, il faut de l’argent pour ça, car c’est malheureux à dire mais c’est 80% argent et 20% artistique.

Justement, on a parfois l’impression que vous êtes devenus des cainris à ce niveau, c’est à dire davantage des business men que des artistes. Votre démarche est-elle toujours à but lucratif ? N’oubliez-vous pas le simple kiff ?

Dam’s : tu sais, la plupart des artistes aux Etats-Unis sont indés, et n’ont pas forcément de moyens. Donc les gros sous on les oublie vite. Mais il ne faut pas se voiler la face non plus : quand tu sors un disque, ce n’est pas pour faire plaisir à ta famille ou à tes potes, c’est pour en tirer de l’argent. Le hip-hop c’est beau, tu fais ça parce que t’as un état d’esprit, mais si tu mets un disque dans les bacs, c’est parce que tu veux de l’argent. A part si tu veux être que la gloire de ton quartier, et avoir le hip-hop comme hobbie. Mais à partir du moment où tu veux vivre de ta passion, t’es dans un autre état d’esprit, t’es plus compétitif, plus pro. Tu fais des choses qui avancent plus vite, parce que déjà tu vis de ta passion et tu es libéré. Tu te dis « je n’ai pas de stress, je peux faire ce que je veux ». C’est sûr que quand t’as un label, des impôts, une société, t’es obligé d’être conscient, de traiter ces impératifs commerciaux et de rentrer de l’argent.

Mais ces impératifs n’empiètent pas sur l’artistique ?

Dam’s : Quand t’es à New York et que tu courres dans tous les quartiers pour chopper les gars que tu veux, le business, tu l’oublies vite : à New York, on vit notre passion, du pur kiff ! Après c’est vrai que, quand on est en France et qu’on fait des interviews, ça reste du business, mais c’est un autre état d’esprit. Honnêtement en plus, ce que les gens pensent de nous, j’en ai rien à foutre. Je sais comment on est, je sais comment je suis avec moi, je sais pourquoi je fais ça, ça fait 10 ans que je le fais, et si je n’avais pas l’amour du hip-hop, je produirais Sniper, Relic et cie, si je voulais vraiment faire de l’argent en France.

Justement, pourquoi ne produisez-vous pas de français ?

6 : On produit des français ! Par exemple, il y a 15 jours, on vient de faire un morceau avec Dany Dan pour son album. Ca devrait être la face B de son single qui va sortir incessamment sous peu.

Dam’s : Honnêtement, personnellement, ça me ferait chier d’être en studio avec des gars comme le 113 ou Sniper que je n’aime pas. Je respecte leur démarche et le parcours qu’ils ont, car ce sont des gars qui ont réussi à s’imposer, et c’est dur de s’imposer en France, de vendre des centaines de milliers de disques. Après, perso, j’ai une certaine éthique par rapport à ma musique, qui consiste à refuser un plan où je prendrais beaucoup d’argent en studio et où je n’aimerais pas le flow des gars. Je ne pourrais pas tricher. Il y aurait un mal être au bout d’un moment, et je pense que quand c’est ma musique, je dois être en studio, être là un minimum quand le gars pose, et si je n’aime pas le MC, je ne peux pas tricher ; et c’est pareil aux Etats-Unis hein ! C’est pas parce que c’est un cainri que je vais lui faire un beat, si je kiffe pas. Je ne peux pas me forcer. Mais en France, y a des gars qu’on trippe, comme Dany Dan, Busta Flex, IAM, NTM. Mais les disques qui sortent maintenant, je trouve ça décevant pour la plupart. Le Kool Shen, je l’ai écouté, honnêtement, il faut respecter le gars, mais je trouve qu’il a moins d’énergie qu’avant. Mais en tout cas il sait rapper, et il a su évoluer. C’est comme des gars comme Sinik, tu ne peux pas dire qu’ils rappent mal, ce ne sont pas des mauvais rappeurs. Mais en tout cas, je travaille dans le Sud de la France, et j’ai plein de remarques aussi du style « ouais tu snobes le sud, pourquoi tu ne produis pas des gars d’ici ? ». Mais je produis avant tout pour moi, donc j’essaye déjà d’imposer mon biz avec les beats que je fais. Je me bats pour moi, je ne vois pas pourquoi je devrais faire passer les autres avant moi.

6 : Arrête Dam’s tu vas nous faire pleurer !

Dam’s : Mais bon, faut arrêter de dire qu’on est anti-rap français, qu’on ne fait rien avec les français, c’est faux ! C’est que, actuellement, on n’a pas envie de se forcer pour faire quelque chose. Dany Dan, on kiffait les Sages Po, et relationnellement parlant, c’était une belle rencontre. Parce que l’humain joue beaucoup aussi, ou alors c’est que tu n’as pas d’éthique !

Quels sont les producteurs qui vous ont inspirés et avec lesquels vous aimeriez travailler?

Sla : Blaze, Kanye West ça serait bien, il fait du bon boulot. Après, il y a toute l’ancienne école, Primo tout ça. Maintenant, je ne sais pas si j’aurais envie de bosser avec l’un d’entre eux en particulier. Les voir bosser ça m’intéresse, pour voir comment ils travaillent, mais bosser, je ne sais pas.

Dam’s : C’est clair ! Maintenant aussi après il y a des artistes qui sont sur le label aussi comme Punchline ou Apocalypse, et sûrement prochainement Sacario. On sample de la soul à 96,3 %. Après les beats électro, ce n’est pas notre truc. Mais perso, je kifferais avoir un beat de Premier sur l’album d’un de nos artistes, parce qui n’a pas kiffé les beats de Premier, de Pete Rock, des Beatminerz ? S’ils collaborent à notre projet, ça serait con de dire non ! Après c’est sûr que dans notre délire, on kiffe Just Blaze, Kanye West, parce qu’on se retrouve dans ce qu’ils samplent. Mais on aime aussi Premier, Pete Rock, Rick Rock, RZA, Bink etc. Mais je te dis honnêtement, y a le coté on kiffe, et y a le côté bizness : on a un beat de DJ Premier, on kiffe, mais c’est aussi une forme de bizness. Mais je kifferais grave d’avoir un beat de Premier, grave !

Avec quel matériel travaillez-vous ?

Sla : on a un peu tout essayé ! On a essayé le S3000 d’AKAI en synchronisation avec un Atari, j’ai eu la SP1200, la MPC3000, maintenant c’est la MPC2000XL, avec des sons de SP1200. Et Dam’s et moi, on est tous les deux compatibles, on a les mêmes machines.

Dam’s : et la Playstation aussi ;)

6 : L’ATC Cameleon aussi, c’est un boîtier où t’as des sons de moug à l’intérieur, c’est des basses tout ça. Puis des Expenders en vrac, des Vintages. Puis après je découpe quelques samples sur ordinateur aussi, avec Samplitude par exemple.

Dans le débat Samples / Compos Originales, où vous placez-vous ? Et peut-on attendre des compos originales de Get Large ?

Dam’s : Samples à fond ! T’as vu toi-même, t’étais à New York avec nous, on est des diggers ! On kiffe chercher les vinyles. Il faut quand même arrêter, parfois je lis des conneries sur les forums Internet : tu prends un mec comme RZA par exemple, il a fait découvrir la soul à plein de monde. C’est aussi dur d’aller chercher des disques que de composer. En plus, ce n’est pas parce que tu trouves un disque de soul que tu trouves une boucle ! Après, c’est chacun son oreille. Puis c’est vrai que parfois on découpe des sons qu’on sample et qu’on joue, des fois, il y a des arrangements sur les beats. Mais c’est vrai que nous on préfère sampler, parce qu’on trouve que dans la soul, y a déjà un état d’esprit, une vibe. Si t’as un cœur, t’es obligé d’être touché quand tu écoutes de la soul. Il y a une histoire, une mélodie, un feeling…Et quand tu samples une boucle de soul et que tu rajoutes un beat dessus, il y a un feeling que je n’arrive pas à retrouver avec des sons synthétiques. Mais attention après, t’as les Dre, les RockWilder, quand ils te font des sons, c’est un plaisir aussi. Mais nous on est plus samples. Après je ne te dis pas que plus tard… mais pourquoi le faire nous quand il y a des gars qui le font mieux ? Après, à toi de faire travailler les gens.

Sla : Oui, on fait tout simplement ce qu’on sait faire.

Avez-vous déjà pensé à déplacer votre matos à New York, pour faire des beats au cœur du truc, pour bénéficier directement de l’environnement cainri ?

Dam’s : Honnêtement, tôt ou tard, on va devoir aménager a New York. Là pour le moment, ça n’est qu’une compile, on tâte le marché, c’est notre premier vrai disque, si l’on ne compte pas les street tapes. Après, quand t’as un artiste, il faut lui faire monter un buzz dans la rue, correctement, donc on va devoir rester beaucoup plus longuement à New York. Il ne faut pas négliger l’Europe aussi, mais je pense qu’on va s’installer à New York. Après pour les beats, quand on est à New York, on court partout. Ou on passe notre temps à démarcher les artistes et les maisons de disques, ou je cherche des vinyles -parce qu’il faut bien fabriquer donc il faut de la matière, ou bien on est en studio, et là je mets les beats sur Protools, le gars écrit. Après, c’est vrai que ça nous est déjà arrivé de faire des beats en studio aux States, mais la plupart du travail se fait pour le moment en France. Mais si on commence à sortir des albums fréquemment aux Etats-Unis, on prendra des locaux, on se fera un home studio, et on fera des beats là-bas. New-York, c’est un état d’esprit. Ca pue le hiphop, t’es n’importe où dans la rue, c’est hiphop, les gens ne trichent pas, c’est une ville hiphop. Après, l’état d’esprit de faire un beat aux Etats Unis ou en France, peut-être que ça peut changer quelque chose si on le fait aux Etats-Unis, mais je ne sais pas. Quand tu fais de la musique, tu fais de la musique, que tu sois à New York, Paris ou Nice. T’es devant ta machine. Après, à toi de ne pas te manger le cerveau et de te dire « ouais putain j’suis à New York ! ». Mais si tu fais un beat en studio, comme Premier qui a les DND, il est dans son élément, il a tous ses vinyles, et que donc tu te sens chez toi, pour moi il n’y a pas différence, où que je sois. L’important sera de me sentir chez moi, comme pour le moment à Nice où j’ai mes habitudes, mes repères pour bosser, avec mon monde propre à moi, mon atmosphère. Tu vois parfois chez moi je fais mes beats en caleçon et en claquette (rires) ! Donc aux Etats Unis pour l’instant, ce n’est pas le même trip.

Trois petites questions sur votre expérience des deux continents et commençant par « que manque-t-il aux Français pour ». D’abord, pour réussir en business ?

6 : Je vais prendre la question différemment et te dire que le problème en France, c’est que le marché est trop petit. Donc tout le monde ne peut pas vivre du rap, contrairement aux Etats-Unis où même quand tu es indé, tu vis super bien. Donc là bas, aux Etats Unis, même indé, ça parle money. Et quand le mec va rentrer 200 000 dollars en indé, c’est normal qu’il te donne 1000 dollars pour un beat. Ici, un mec en indé, il ne va pas rentrer d’argent, ou très peu, donc forcément, il va mettre le côté business de côté, puisque sans argent, pas de bizness ; Sinon, les français ne sont pas plus mauvais business men que les américains.

Dam’s : perso je pense qu’il manque en France des gens qui savent de quoi ils parlent ! Parce que quand tu vas démarcher les maisons de disques en France et que tu vois les DA, c’est n’importe quoi. La plupart ne savent pas ce qu’est le hiphop, et font seulement des coups, au lieu de faire des carrières. Après, je pense que tu peux faire du business en France aussi, nous on l’espère en tout cas. Mais quand tu vois que le DA d’une maison de disques, c’est un petit jeune de 23 ans qui sort d’école de commerce et qui écoute du rock, comment tu veux qu’il gère ta carrière quand lui n’est pas dans cet état d’esprit ? Aux Etats-Unis au moins, dans certaines branches, c’est des mecs qui s’y connaissent : par exemple des anciens DJ chez Roc-A-Fella, avec des gars comme Lenny S, ou des producteurs comme un DA d’Universal qui n’est autre que Bink. Donc quand tu vois.


Qu’est ce qui manque aux français pour faire des bonne prods ?

Dam’s : on a des bons producteurs en France. Il y en a.

6 : Je pense qu’il y en a autant en France qu’aux Etats-Unis, mais qu’aux States, le producteur est valorisé. Il est mis en avant, donc on a l’impression que c’est Kanye West ou Dre qui font vendre des albums. En France, c’est une autre culture, où le MC est largement mis en avant. C’est normal que cette situation nous agace en France, vu qu’on est producteurs !

Dam’s : Attention aussi en France, il y a plein de producteurs qui croient être dans le vrai et qui sont complètement dans le faux. Par exemple tous les singles dits hiphop qui sortent en ce moment, c’est des prods R&B ! Pourtant on a les mêmes machines et les mêmes disques des deux côtés… Mais bon, je pense qu’en France, il n’y a pas que des faux, il y a des gars comme Melopheelo par exemple qui ont une bonne mentalité, qui restent fidèles à eux-mêmes quand ils font des beats. Ca, c’est des gens qui ont une culture avant tout. Ils ne font pas du rap, ils font du hiphop. Après peut-être que le défaut, c’est de croire que tout le monde peut faire des beats : il faut respecter la culture et l’histoire du mouvement, tu ne peux pas arriver comme ça et débarquer en disant j’emmerde la old school. Je pense qu’aux Etats-Unis, tu as moins de moyens de tricher qu’en France parce que les gens t’attendent au tournant : t’as plein de gars qui sont forts, qui montent, que t’es obligé de rester vrai. Puis les gars sont nés là-dedans, donc ils ont une meilleure culture aussi. Il faut laisser du temps à la France pour l’acquérir, ça se met en place petit à petit.


Que manque-t-il aux Français pour aimer Bush ?

Sla : il leur manque d’être comme Sarkozy, car Sarkozy aime bien Bush, j’ai vu ça hier à la télé !

6 : Ca dépend où te situes tu vois, mais même les américains, je ne pense pas qu’ils aiment Bush. Bush a tellement mis sur pied un système de terreur qu’on comprend cette attitude. On s’en rend compte quand on regarde les infos aux Etats-Unis : t’as l’impression que c’est un simulacre, tellement ils répètent tout le temps « We’re on war, we’re under attack ». Donc forcément, les gens ont peur en voyant ça, et quand Bush arrive en disant qu’il va arranger ça, ça rassure ; Bush mise tout sur la peur et la terreur, et c’est vrai qu’en France on ne pourra jamais comprendre ça.

Dam’s : En plus quand tu vois Bush à la télé française, il est tout le temps ridiculisé, que ça soit dans les Guignols ou dans Fahrenheit, que pour nous c’est une mascotte, c’est n’importe quoi. Et c’est vrai qu’aux Etats Unis c’est pas pareil.

6 : Plein de rappeurs supportent Bush. Par exemple Shyne le supporte. Toi, tu te dis que c’est incroyable ! Mais je pense que c’est vraiment des mecs qui se disent « ouais c’est super, il faut être un GI ! Moi si Bush me demande de partir en guerre contre l’ennemi, j’y vais ». Il faut te dire que l’américain moyen est beauf, et que ça aide Bush.
D’ailleurs, quand tu regardes les 2 côtes, c’est Kerry, et l’intérieur des Etats-Unis, c’est Bush. Les gars qui sont au fond du ghetto qui crèvent la faim ils ne votent pas. Ils ont le drapeau américain, mais ils ne votent pas. La plupart des blacks ne votent pas, et c’est d’ailleurs pour ça que beaucoup d’artistes se mobilisent pour les faire voter, avec des campagnes « Vote or Die ». Car ils se rendent compte que si cette communauté là votait, il pourrait y avoir de gros changements.

Dam’s : L’américain moyen est patriote, il kiffe à fond son pays, et ça, les français auront toujours du mal à le comprendre. En France, si tu mets un drapeau français autour de toi, on va te traiter de facho ou de fêlé, sauf pendant la Coupe du monde. Mais pour eux c’est normal.

Pour finir sur un sujet plus léger, pourquoi le logo « Support Air Force Movement » sur votre CD ?

Sla : déjà on a le Dam’s qui est un grand collectionneur d’Air Force One, limite dangereux même !

Dam’s : Il ne faut surtout pas plier la Air Force One ! Règle Numéro 1 ! Ca ne fait pas beau, donc il ne faut pas plier le pied !

Sla : Une Air Force qui vieillit est une mauvaise Air Force.

On ne peut pas courir alors ?

Dam’s, choqué : Courir ?? Ah bah non !!!! On ne court pas chez Get Large de toute façon, jamais. Ou alors on prend des vieilles baskets pour courir. Ah oui, règle numéro 2 : ne jamais monter des escaliers avec des Air Force One, mais toujours prendre les ascenseurs. Parce que ça plie le cuir et ce n’est pas beau. Règle numéro 3 : ne jamais mettre des Air Force One blanches quand il pleut, parce que ça, c’est irrécupérable !

Sla : On a mis ce logo aussi parce que ce sont des chaussures représentatives du mouvement hip-hop.

Dam’s, combien de paires as-tu ?

Dam’s : euh, 48 là. Mais je suis obligé ! Quand j’ai un T-Shirt rouge, je suis obligé d’avoir des Air Force One rouges ! Tu sais, c’est comme aux Etats-Unis, quand tu achètes un T-Shirt, ils te vendent toujours la casquette assortie, et en France, ça commence à venir. Bah moi j’achète le T-Shirt, la casquette et les baskets.


Dédicaces de Get Large :
Lehiphop.com qui nous suit depuis le début, notre distributeur 2 Good, 10Zainc, Funky Maestro, Nike, MC Pierrot et « thanks God » quoi !


Propos recueillis par Pamsiste