Nakk
Après quatre ans de présence en pointillé, Nakk sort de la confidentialité avec un street album Street Minimum qui précède bien sûr la sortie d’un autre long format. Le rappeur de Bobigny -et d’exception- revient sur les dix longues années qui le séparent de ses débuts à aujourd’hui.

Est-ce que pour commencer tu peux nous raconter tes tout débuts ?


J’ai commencé avec un pote à moi, avec qui j’ai formé un groupe, qui s’appelait Dynamo, mais bon c’était un groupe vraiment... il y a amateur mais nous on était en dessous, on était en dessous d’amateur.

C’était en quelle année ?


C’était en 96-97, j’avais 20 ans. On a fait un groupe qui a pas duré très longtemps. Après j’ai formé Soldafada, plus tard. On a sorti l’album “Bobigny Terminus” et malgré tout ce qu’on peut penser, ça nous a rendu service quand même. On en n’a pas vendu beaucoup mais c’était comme un gros maxi, après le nom était connu, les gens connaissaient. On a fait pas mal de concert franchement, en plus on était signés par Ménélik tout ça...

Et toi qu’est-ce qui a fait que tu as rappé ? Est-ce que “y’a que les 6 en maths qui ont transformé Narcisse en Nakk” ?


(rires) Non non, c’est mon pote qui m’a engrainé ! Moi enfin, tu sais comme beaucoup y’en a beaucoup qui veulent rapper mais des fois ils osent pas. Et mon pote, ça a été le déclic, il m’a dit “Ouais viens on forme un groupe”, j’ai répondu “Vas-y viens !”. Lui c’était Dynamo et après ça il y a eu Soldafada avec Boogie et Armand.

Après Soldafada alors, c’est grâce à ça que tu as fait la connaissance de Tonton Mark ?


En fait Mark c’est par rapport aux 10’, les jumeaux. Vraiment des amis d’enfance depuis la primaire. Eux ils ont rencontré Mark par rapport à Mafia Trece, après je suis parti avec eux en studio, on a rencontré Mark, on a discuté, je lui ai rappé des textes, il a bien aimé. Après il m’a mis dans les Bombattak, dans les mixtapes, il m’a donné un bon coup d’pouce.

Tu l’as pas rencontré par Génération tu l’as rencontré en studio donc ?


En fait, j’avais passé un morceau de Soldafada à Oxmo, pour qu’il le passe à Génération. Et il l’a donné à Mark parce qu’il le connaissait un peu mais je le conaissais pas personnellement non.

Tu peux nous présenter les 10’ ?


Je les connais depuis l’école primaire, depuis que j’ai 10 ou 11 ans... C’est deux jumeaux, ils rappaient, ils ont rappé jusqu’en 2000 à peu près après ils ont arrêté le rap. Mais des rappeurs vachement techniques, vachement forts ! D’ailleurs on parle toujours d’eux sur les sites. Les gens ne les ont pas oubliés.

Et quand tu as rencontré Mark, qui a choisi de travailler avec qui ?


Franchement je t’avouerais que je sortais de l’album Soldafada, c’était ou j’arretais complétement l’rap et j’entrais dans la vie active, normal, ou je continuais. Et lui il m’a donné la possibilité de continuer en fait. Il avait des plans, des plans que moi j’avais pas. C’est un mec vachement communication Mark, il m’a aidé à rentrer dans des trucs où j’aurais pas pu rentrer tout seul.

Du coup à l’époque tu faisais plein de mixtapes, et c’est aussi grâce à ça que tu as pu signer chez BMG ?


C’est grâce à Bombattak en fait. Quand lui il démarchait pour sa compile, en major, c’est là que les majors se sont intéressées à mon morceau la Tour 20, et que j’ai eu ma signature, BMG. A l’époque, je me suis dit c’est fini, c’est bon, c’est mon truc. Faut vraiment être méfiant pour te dire après une signature “Ouais attends heu quand même...” Tu sais j’étais jeune donc tu te dis “Ouais vas-y je vais faire ça”. Surtout qu’ils te donnent de l’argent, et toi, tu sais faire que ça, de la musique. Donc ouais tu t’lances dedans.

Surtout que la maison de disques ça veut dire le soutien, les radios qui suivent...


Tu sais, je me suis fait mon film, que tous les rappeurs se font. Faut pas se mentir, tous les rappeurs se font leur petit film.

En 2002 tu as sorti un EP chez BMG qui s’appellait Début, et donc il était censé y’avoir une suite, un album. Comment ça se fait qu’il ne soit pas sorti ? Tu a su exactement ce qui s’est passé ?


Les gens qui m’avaient signé à l’époque s’étaient fait virer entre temps. Y’a des nouveaux qui sont arrivés, ils étaient pas intéressés, donc ils m’ont rendu mon contrat. Tout peut se faire en bizz ! Pas de règles, tout est possible.

Et c’est de ça dont tu parles quand tu dis "J’ai eu un gros chèque mais j’ai pas lu l’astérisque" sur "Une chanson triste" ?


Ouais ouais, exactement. Tu vois cette période où t’es jeune, encore que moi j’ai pas flambé l’argent trop, j’ai tenu longtemps avec. Mais avoir un gros chèque et pas avoir de rentrées à côté c’est de la neige. T’as tout le monde qui te dira ça. Ca sert à rien d’avoir 300 000 francs et puis rien pendant 4 ans. Mieux vaux avoir 1500 euros tous les mois pendant X temps. Moi j’ai eu un chèque et je pensais pas que ça allait tourner au cauchemard.

Et du coup à cette période là tu as songé a arrêter le rap ?


Franchement, jamais. Parce que moi j’suis un mec j’suis un inconscient un peu. ça m’a jamais traversé l’esprit. Pas arrêter avant de sortir mon album, quoi qu’il arrive. Du EP au Street CD, j’ai toujours écrit. Bon y’a des morceaux qui sont... cachés dans le coffre ! (rires) Mais j’ai toujours écrit, j’ai jamais arrêté d’écrire. C’est là que tu... Les mecs ils te dépassent et toi t’es largué... c’est comme le sport, faut s’entrainer.

A propos d’internet, même quand t’avais plus d’actualité il y’avait toujours plein de gens qui parlaient de toi, qui demandaient quand est-ce que tu allais sortir. Mais d’un autre côté, y’a aussi beaucoup de tes morceaux qui ont tourné... Comment tu as réagis ?


Franchement y’a des morceaux je suis vener’ qu’ils aient tourné. Mais en même temps, tu vois je suis partagé, parce que c’est des morceaux qui ont tourné et que les gens ont apprécié donc ça fait monter l’buzz. Et en même temps, ce sont des morceaux que du coup je peux plus mettre dans l’album ou que je dois remettre sous des formes différentes. Mais c’est un mal pour un bien. Personnellement, après mon contrat chez BMG, j’ai enregistré “Chanson triste” et je l’ai mis volontairement sur le net pour que les gens ils aient un truc, un truc à manger. Mais, le morceau sur le décès de mon père, c’est un morceau que je vais mettre sur mon album quoi qu’il arrive. C’est pas un morceau que je peux me permettre de zapper.

Un moment, il se disait que tu devais sortir Street Minimum chez Néochrome.


Je vais t’expliquer l’histoire, c’est simple. Un moment j’ai été voir Loko pour sortir Street Minimum, Loko de Génération et Néochrome, et on s’était mis d’accord pour sortir l’album, j’enregistrais chez eux tout ça. Mais après ça a commencé à discuter contrat, chiffres, tout ça nananin. J’ai dit “Vas-y laisse tomber, moi ça me saoûle”. Ca m’a fait galérer de 8 mois à 1 an quasiment. Finalement, je me suis dit : “Je vais le sortir tout seul mon street CD. Tous les jours, y’a des mecs qui sortent des street CD. Je peux le faire, je suis pas complètement con.” Et finalement je l’ai sorti moi-même avec mon cousin.
C’est beaucoup de taff... c’est même un taff, pour un rappeur. Moi c’est dangereux parce que j’écris beaucoup et ça prend tellement ton cerveau que t’as du mal à écrire pendant cette période. Faut appeller un tel, machin, s’occuper du truc, c’est beaucoup de trucs. Là je suis en train de monter une équipe parce qu’il faut vraiment que je délègue si je veux finir l’album, il faut que je délègue pour avoir l’esprit libre pour écrire.

Et tu t’es occuppé de la promo aussi ? C’est toi qui colle les affiches à Stalingrad la nuit ?


Non c’est Urban Act. Mais bon si demain il faut coller des affiches, je mets mon survet et j’y vais !

Et Dark Sun, c’était juste pour le street CD ? Tu vas démarcher pour l’album ?


Non non, là je fais mon truc et si jamais un truc arrive ce sera de toute façon en licence ou en distribution. Même si j’ai une proposition il sortira en licence, chez Dark Sun. Parce que je veux arriver avec le produit fini. BMG le problème c’était que quand je suis arrivé, j’avais pas d’album. Du coup, j’ai maquetté là bas, ça prend du temps, ils écoutent... Alors qu’en licence tu arrives avec ton truc fini, c’est : “Ou vous etes chaud ou je pars chez la concurrence”. Ils retouchent pas, juste ils s’occupent de la promo. Pour moi c’est l’idéal, franchement.

Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi tu as tenu a préciser en gros dans la pochette Ceci n’est pas mon album ?


Parce que je connais les gens d’internet. Ils vont me parler des sons qui sont pas patate, ils vont me dire que y’a trop de freestyle, que nananin, que les feats c’est machin quoi. C’est à dire qu’en fait, ce street CD j’aurais pu le faire sur des instrus cainris, j’aurais pu faire que 1 seize 1 refrain. J’voulais vraiment que les gens voient la vibe, montrer un aperçu. C’est pas l’album, jamais un album aura cette tête là parce que ça manque de cohérence, c’est des morceaux à la suite. Un album faut que ce soit quand même... cohérent, sans trop conceptualiser le truc. En plus, surtout y’a rien de personnel... quoi qu’il y a 2-3 thèmes dans Street Minimum.

Tu as un objectif de ventes ?


Franchement non. L’objectif c’était de réinstaller le nom. Je préfère en vendre 500 et qu’on parle de moi partout qu’en vendre 5000 et qu’on m’oublie. Mais bon là ça part bien, à un moment j’ai été 6eme à la FNAC. Ca m’a étonné, vraiment, c’est étonnant ! (rires) Mais voilà tu vois sur votre site les mecs disent "Dès qu’il sort, j’vais l’acheter" et ils l’ont vraiment fait les mecs.

Au niveau des beats du street album, tu as écouté beaucoup de sons avant de faire ton choix ?


En fait y a CHI qui m’a fait un remix, d’un morceau, je l’ai mis dedans. Après on m’a proposé des sons et comme c’était un peu dans l’urgence, j’écrivais au fur et à mesure. J’ai pas décortiqué, j’ai pas écouté 40 sons pour faire un morceau, pour un street CD j’voulais aller vite.

Ca veut dire qu’il y’a beaucoup de morceaux récents ?


Ouais y en a pas mal, les featurings par exemple. Le featuring avec Joe Lucazz et Maj Trafyk c’était y’a pas longtemps, Laisse aussi. Mais le gros date de aout de l’année dernière, août 2005.

Est-ce que tu peux nous expliquer le sens des Anges en Air Max ?


Ca c’est le truc que tout le monde me pose comme question. En fait, pendant l’été quand j’écrivais ce morceau, je trainais avec des ptits, des ptites cailleras de chez moi. Et des fois, tu vois des cailleras t’as toujours l’impression que ce sont des mecs méchants qui font des trucs chelous. Je me suis rendu compte qu’il y’avait dedans des mecs qui étaient grave intelligents, des mecs super tigen tout ça. Et moi pour goleri, je leur ai sorti "En fait, y’a des anges en air max ici". Et ils se sont tapés des barres de rire. Et j’ai pris ça pour le titre mais quand tu regardes le morceau tu vois que c’est pas tellement en lien, c’est le gimmick qui m’a fait rigoler. C’est là où tu vois que c’est un street CD, j’ai pris ce titre et j’ai écrit le morceau. Mais les gens aiment bien le morceau bizarement. Ils comprennent pas le titre mais ils aiment bien le morceau ! (rires)

Par contre, à ce qu’il parait y a Jet Li qui te recherche pour te défoncer à cause de ta phase sur les chinois et les indous qui sont faciles à taper... (rires) Tu veux t’expliquer avant qu’il te retrouve ?


Non moi je respecte grave... En fait c’est vrai que dans les cités ce sont des gens qui subissent beaucoup... J’ai jamais touché à un chinois de ma vie, précision. Et dit à Jet Li que... pépère ! (rires)

A l’époque de Soldafada, tu étais pas encore aussi technique mais tu faisais déja des phases, est-ce que c’était ça ce qui te plaisait dans l’écriture ?


J’aime bien les phrases choc, après faut pas en abuser. L’écriture c’est ce qui m’intéresse dans le rap. Après le mec peux bien rapper, mais l’écriture... Si tu lis un texte, tu sais pas comment le mec il rappe mais tu sais ce qu’il raconte. J’ai déjà lu des textes de mec sans les entendre rapper et j’ai trouvé des trucs... violents. Pour moi, c’est le plus important l’écriture.
Comme beaucoup de rappeurs, je me pose sur le son et j’écris par rapport au son. Des fois dans la rue, j’écris sur mon portable ou sur... sur un ticket d’métro.

Ca fait des petits couplets ça...


Ca fait les interludes ! (rires)

On a l’impression que beaucoup de rappeurs qui sont techniques font beaucoup de remplissage à cause de cette contrainte “d’être technique”, de faire des rimes multisyllabiques, ils font des textes pour la rime. Comment tu essayes d’éviter ça ?


Ah ils essayent, ils essayent... (rires) Ben j’essaye de faire en sorte que ça soit pas juste pour la rime. Après je peux tomber dedans, tu décortiques tous mes textes y a des trucs où j’aurais pu trouver plus adéquat et après peut-être pour la rime, j’ai pris ce mot là. Mais en gros, j’essaye de faire en sorte que ce soit cohérent... C’est là ou c’est violent, si un mec te fait une bonne rime et que le sens il pète... Mais t’es pas obligé d’être technique. Un mec pas du tout technique ça me gène pas, si le sens te plaît, si ce qu’il raconte te plaît. Par contre la technique c’est du boulot. A une période j’étais trop technique mais là j’ai essayé de revenir à un juste milieu, pour qu’un auditeur lambda qui est pas trop dans le rap puisse comprendre.

Mais cette période là c’était la meilleure... Sida par exemple, il était technique mais c’était un vrai thème !


Oui je suis d’accord avec toi. Y a aussi un autre truc, c’est qu’il y a a eu l’émergence de beaucoup de rappeurs techniques. Après si tu veux te sortir du lot faut que tu passes à autre chose dans le thème ou dans ce que tu racontes. Si on est tous techniques à la fin, tu vois, y’a des mecs plus techniques que moi, plus fort. Y a les Nysay, y a Salif. Si tu veux te démarquer faut faire autre chose, tu cherches le sens, ou le thème, ou la façon de le dire, quelque chose propre à toi pour avoir ton identité.

Est-ce qu’il y a des albums de rap français qui t’ont influencé ou que tu as beaucoup aimé ?


Le rap français que j’ai beaucoup aimé... Moi j’ai un problème avec le rap français, c’est que j’écoute une fois, peut-être deux. Sinik je l’ai écouté une fois je l’ai pas réécouté, Sefyu je l’ai écouté une fois je l’ai pas réécouté. C’est pas parce qu’ils sont mauvais, c’est pas parce que j’aime pas. Après je peux pas les suriner parce que je suis un rappeur moi aussi. Il ne faut pas que je m’influence trop des intonations, c’est super dangereux ça. Même involontairement tu peux te prendre à dire les mêmes trucs, à rapper un peu de la même façon.
Sinon j’ai saigné l’album des Sages Po’... Je les ai saignés... A cette époque là, c’était vraiment eux. En l’occurence Dany Dan, c’est vraiment des gens comme lui qui m’ont donné envie de rapper. L’album je l’ai retourné, d’une façon... violente.

Pour revenir à l’album, il est prêt ?


Il est pas encore prêt. J’espère le sortir fin 2006 et je vais finir de l’enregistrer dans les mois à venir là, j’ai encore des idées de thèmes, je dois écouter des nouveaux instrus. Il y aura quelques morceaux que j’avais maquetté pour l’album chez BMG mais travaillés avec une autre instru ou avec quelques mots reposés. Parce qu’il y a vraiment des thèmes que j’aime dedans.

Mais il y en avait masse, qu’est-ce qu’ils vont devenir tous les autres ? Tu comptes pas les faire sortir ?


Non, parce que ce sont des morceaux vachement à thèmes donc pour un street CD ça ferait un peu bizarre. Donc non non. Et puis moi je suis un boucher, c’est à dire que je suis prêt à tuer des morceaux ! C’est pas grave, j’en referais d’autres... Mes potes à chaque fois ils m’disent "Ouais tu déconnes, il est bien celui là", ouais mais j’en ferai d’autres. Je suis pas fini, je peux faire d’autres morceaux. Je m’attache pas aux morceaux, à moins que ce soit des trucs vraiment persos. Ah ouais j’suis sans pitié !! (rires)

Tu as déjà une liste de producteurs et de featurings ?


Feats franchement je sais pas encore. Producteurs je vais voir, y a pas de noms connus tout ça. Mais il n’y aura pas beaucoup de feats pour l’album. Je pense, je dis pas que ça sert à rien des feats pour les albums, mais... dans mon cas, ça fait tellement longtemps que je veux sortir mon album que j’ai vraiment besoin d’un espace. Faut pas que je m’amuse à faire une compile avec sept featurings, des mecs, les stars du moment. Les mecs qui aiment bien ce que je fais ils attendent pas ça. Ils en ont rien à foutre que je fasse un feat avec les mecs cotés du moment, si c’est incohérent ça sert à rien.

Je sais qu’avec toi les dates de sortie c’est à 5 ans prêt, mais t’as une date pour celui la ou pas ?


(rires) Pour celui là franchement j’espère fin 2006. Après t’as vu les impondérables du rap, les contretemps... Peut-être que je vais essayer de sortir un truc entre le street CD et l’album. Peut-être un truc avec des groupes de chez moi, un truc pas officiel mais dans les bacs, histoire d’être présent. Ou je balancerai des inédits un peu sur le net ou en radio.

Après tout ça, on peut se dire que ta carrière à repris assez d’élan pour être relancée. Comment tu vois la suite ?


On verra, je sors l’album que ce soit en major ou en indépendant. Que j’en vende 5 ou 10 000, je le sors. Ca m’a fait plaisir qu’entre 2002 et maintenant, qu’il y ai autant de gens qui m’attendent. Ces gens-là je peux pas me foutre de leur gueule. Je me devais de sortir Street Minimum maintenant parce que les mecs attendaient depuis des années. A un moment faut sortir. J’ai entendu qu’il y avait des blagues "Nakk is dead", je peux même pas leur en vouloir. Mais c’était vraiment pas de ma faute. Après, peut-être que j’aurais du me prendre en main plus tôt. Les rappeurs on est comme ça on est des feignants, dès qu’on te dit tu dois sortir tout seul, on se gratte la tête, c’est pas évident. Moi j’ai toujours eu le confort de : “J’ai écrit, j’ai été en studio et on me sortait”. Tu vois ? J’ai jamais cherché une distribution, travaillé la pochette, j’ai jamais connu ça. Là, je rentre dans le bain et voilà quoi, on va se perfectionner.

L’album tu le vois comme l’aboutissement, la fin ?


Non. Si je sors l’album fin décembre, il faut que moins d’un an après j’en sorte un autre. Et après je sais pas, je vais pas en sortir 20 non plus. Mais au moins un deuxième album rapidement. Mais ce qu’il faut, je vais essayer d’avoir des sorties plus fréquentes, entre les albums faire plus de trucs. Même un street CD c’est pas mal, franchement, tu sors un truc sans pression. J’aimerais bien sortir un truc ou je rapperais que sur des instrus de sons français, même actuels.

Dernière question, on a tous une sale histoire, alors c’est quoi ton dossier à toi, le maccabé dans le placard ?


(rires) J’peux pas l’dire ça...

Tu fais croire à tout le monde que tu taffes dans un cabinet d’avocat, et tu caches que t’es rappeur ?


(rires) Non non, on en a tous un, sauf moi ! Ah mais même Sale Histoire, ça me gave qu’il soit sur le net, j’aimais bien le thème...

Le mot de la fin ?


L’album arrive très très vite, merci à ceux qui ont attendu ! J’espère que le street CD a plu a beaucoup de personnes. Je sais que les gens sont déçus au niveau des sons, il veulent un truc mixé à New York ! (rires) Mais on a fait un disque vraiment fait maison. Y a le clip de "Chanson triste" qui va arriver, mi-juin normalement, sur les télés... Si Dieu veut hein, après moi et les dates, vous connaissez...


Propos recueillis par Joseph, RedcAp